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Haute-Garonne
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| 9/01/2025

Dynamique économique, incertitudes budgétaires, enjeux électoraux… : les dossiers chauds de Jean-Luc Moudenc

© Alexandre Léoty

Jean-Luc Moudenc, maire (ex-LR) de Toulouse et président de Toulouse Métropole, présente le 9 janvier ses traditionnels vœux à la presse. L’occasion pour le locataire du Capitole d’évoquer quelques-uns de ses dossiers d'actualité, dans un contexte chahuté d’un point de vue budgétaire.

La dynamique économique du territoire. Jean-Luc Moudenc insiste sur la dynamique économique du territoire toulousain, évoquant les succès commerciaux et industriels d’Airbus,  l’avion électrique de la start-up haut-garonnaise Aura Aero, mais aussi les enjeux du spatial. « Dans ce secteur, si nous sommes inquiets pour la fabrication des satellites classiques et donc pour l’emploi (avec les suppressions de postes annoncées chez Airbus Defence and Space et Thales Alenia Space, NDLR), nous sommes fiers de voir émerger le NewSpace (spatial d’initiative privée, NDLR) ici, à Toulouse. » Même satisfecit concernant le secteur de la santé - avec les initiatives récentes d’Evotec et d’Ipsophène – et l’enseignement supérieur, avec la création de l’Université de Toulouse. « Le succès de Toulouse, terre d’innovation, est basé sur le triptyque enseignement supérieur, recherche et entreprises de haute technologie », résume le locataire du Capitole. 

Toulouse, 3e ville de France. « Les derniers chiffres du recensement donnent la photographie de la démographie trois ans auparavant, rappelle Jean-Luc Moudenc, interrogé sur la place occupée par la Ville rose sur le podium national. Compte tenu de notre dynamique, nous pouvons le dire, nous sommes d’ores et déjà la troisième ville de France. Nous l’avions vu venir, mais honnêtement, je ne pensais pas que cela arriverait si vite… »

La Ligne C du métro. Jean-Luc Moudenc l’assure : « Les chantiers de la Ligne C du métro et du prolongement de la Ligne B avancent comme convenu. Les tunneliers sont tous en action désormais. Ce double chantier est à la fois dans le calendrier et dans les enveloppes budgétaires prévus. »

L’incertitude politique nationale… « L’année 2024 s’est terminée dans un contexte d’incertitude jamais vu, du fait de l’instabilité politique, soupire l’élu. Pour la première fois, l’État commence une année sans avoir un budget conçu pour l’exercice en cours. Tout cela après que le déficit des comptes publics a atteint un niveau extrêmement dangereux. » Et Jean-Luc Moudenc d’insister : « Nous, les collectivités, n’y sommes pour rien. C’est l’État qui n’a pas été capable de s’appliquer à lui-même la discipline imposée aux collectivités locales. »

… et ses conséquences locales. Selon Jean-Luc Moudenc, les conséquences sont à craindre pour les collectivités ; il convient donc de faire montre d’adaptation. « On nous a annoncé en octobre une ponction financière drastique, rappelle-t-il. Et aujourd’hui, nous sommes dans le flou le plus complet, dans une incertitude totale et inédite. Nous avons pris des mesures de prudence pour enclencher une réduction de nos dépenses de fonctionnement, avec le gel des recrutements, la baisse des subventions allouées… C’est très pénible, mais nous avons eu raison d’être prudents, car nous sommes toujours dans le flou. Nous souhaitons que l’État puisse enfin se doter d’un budget. Nous connaîtrons alors de manière précise le sort financier qui nous est réservé et pourrons ajuster notre budget 2025. » D’ici-là, le maire de la Ville rose et président de la Métropole toulousaine veut « rassurer » les habitants du territoire. « Quoi qu’il arrive, nous assurerons la continuité de nos services publics, avec bien sûr des reformatages et des adaptations, promet-il. Nous ne procéderons à aucun licenciement pour des raisons budgétaires et n’augmenterons pas les impôts locaux. Et nous allons continuer à investir, dans nos communes comme dans nos quartiers. »

Les cérémonies de vœux. Évoquant le sujet des vœux adressés aux personnalités le 9 janvier, l’édile explique les raisons du choix du maintien, tandis que d’autres collectivités ont décidé d’annuler ce type de cérémonies dans un contexte budgétaire chahuté. « Nous avons maintenu, mais revu le format, nuance-t-il. Ça ne sera pas des cacahuètes, mais pas loin… J’ai fait le choix de maintenir ces vœux, car tarir la parole publique en ce moment, ne pas indiquer le cap pour 2025, aurait été à mon sens extrêmement dommageable. À l’heure où notre démocratie est malade comme elle ne l’a sans doute jamais été à ce point depuis la fin de la Quatrième République, je pense que le maire doit parler et agir, plus que jamais. Il doit restituer le sens de la vision portée et de la direction prise. »

Les projets 2025. « Nous confirmons la vision qui est la nôtre et notre cap pour faire progresser Toulouse », assure l’édile, qui n’évoque pas moins de soixante inaugurations planifiées cette année, témoignant de « soixante réalisations concrètes ». Et d’insister : « En continuant de gérer sainement nos finances, nous pourrons continuer à progresser. À partir du moment où on a une solide gestion, on arrive à faire face en temps de crise. On s’adapte, on fait des économies et des efforts. Et on avance. » 

Les élections municipales de 2026. « L’échéance électorale municipale commence à animer les réseaux sociaux et les colonnes de journaux, constate Jean-Luc MoudencPour notre équipe municipale, le temps de la campagne électorale n’est pas venu : 2025 sera une année de travail intense. Nous allons finaliser nos projets et en lancer de nouveau, sans interrompre la dynamique. » Interrogé sur les velléités potentielles, à Toulouse, de certaines figures de la gauche - dont Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie -, le maire de la Ville rose répond en deux temps. « J’écoute, j’apprends les déclarations et les positionnements des uns et des autres dans la presse, indique-t-il tout d'abord. Mais notre travail est de mener nos projets. Les Toulousains ne nous ont pas élus pour faire des commentaires sur la stratégie de l’opposition, mais pour travailler. » Et il précise : « Carole Delga, c’est comme Sébastien Vincini (président PS du conseil départemental de la Haute-Garonne, NDLR), ce sont des partenaires. Je travaille avec eux. Les choses se passent d’ailleurs plutôt bien ; ça ne veut pas dire que nous sommes toujours d’accord, mais, malgré nos différences, nous avons le devoir de travailler ensemble. »

Le choix de ne plus adhérer à un parti. Jean-Luc Moudenc a quitté Les Républicains en 2022. « J’ai fait ce choix car je ne me reconnaissais plus dans une formation politique, indique-t-il. L’offre politique nationale ne me satisfait pas. La fonction municipale permet - voire encourage - l’indépendance. Je suis assez indépendant de tempérament, et je pense que les Toulousains apprécient plutôt cela. »

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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