Airbus Defence and Space pourrait supprimer jusqu’à 2 500 postes
Airbus Defence and Space (ADS), entité spatiale du groupe toulousain Airbus, annonce son intention de supprimer « jusqu’à 2 500 postes d’ici à mi-2026 ». Objectif ? Adapter son organisation et ses effectifs à « un environnement commercial toujours complexe, en particulier dans le segment Space Systems, où des charges financières importantes ont été enregistrées en 2023 et 2024 », explique le géant européen. Si aucun chiffre n’est pour l'heure communiqué concernant le site toulousain en particulier – où ADS compte 5 200 salariés, auxquels s’ajoutent 3 500 sous-traitants –, le groupe indique qu’il entend « limiter l’impact » de son plan « en s’appuyant sur toutes les mesures sociales disponibles ».
Un contexte chahuté
« Ces dernières années, le secteur de la défense et de l’espace, et par conséquent notre division, ont été impactés par un climat d’affaires très difficile et en évolution rapide, avec des ruptures de chaînes d’approvisionnement, des changements dans la conduite des conflits et une pression croissante sur les coûts en raison des contraintes budgétaires, constate Mike Schoellhorn, CEO d’ADS. Alors que les efforts de transformation initiés en 2023 ont commencé à porter leurs fruits, nous passons désormais aux étapes suivantes. » La réorganisation programmée vise ainsi à rendre ADS « plus rapide, plus efficace et plus compétitive » sur un marché à la fois concurrentiel et chahuté.
Interrogé en mai dernier par La Lettre M, Alain Frizon, directeur de l'établissement toulousain d’ADS, relevait justement les turbulences rencontrées dans le spatial. « Historiquement, notre site est positionné sur le marché de l’observation, mais aussi de l’exploration, rappelait-il. Nous travaillons également dans le champ des télécommunications, sur un marché qui, en effet, s’est contracté depuis quelques temps. La compétition est forte et les technologies évoluent vite. Dans ce contexte, nous avons déjà engagé d’importants développements, même si tout ne se déroule pas aussi rapidement que nous l’aurions souhaité. » Airbus Defence and Space, qui compte environ 35 000 salariés, a enregistré 11,5 Md€ de chiffre d’affaires en 2023.
En mars dernier, Thales Alenia Space (TAS), autre major du secteur spatial – dont l’établissement toulousain concentre 2 800 salariés sur un total de 8 600 personnes, dont 4 500 en France –, avait quant à lui annoncé son projet de supprimer 1 300 postes.











