Alain Frizon (Airbus Defence and Space) : « Toulouse agit comme un aimant »
Alain Frizon, directeur de l'établissement toulousain d’Airbus Defence and Space (ADS), l’assure à La Lettre M : dans le spatial, « Toulouse agit comme un aimant ». Et le dirigeant du site de 5 200 salariés d’ajouter, à l’occasion du Toulouse Space Festival, organisé au Meett du 23 au 26 mai : « Toulouse, c’est un quart des effectifs européens du spatial, la moitié des effectifs français. La force du territoire, c’est justement la richesse de son écosystème : ses écoles, ses laboratoires, ses industries, ses start-up… » Un écosystème au sein duquel émergent des initiatives liées au NewSpace. Alain Frizon, lui, préfère parler de « NextSpace », car « à notre sens, il n’y a pas d’ancien et de nouvel espace ». Interview exclusive.
Quels sont les effectifs du site toulousain d’Airbus Defence and Space et combien de recrutements projetez-vous cette année ?
Notre site rassemble environ 5 200 salariés, auxquels s’ajoutent près de 3 500 sous-traitants. En 2023, nous avions recruté 360 personnes, ce qui a représenté 80 créations nettes d’emploi. L’effectif devrait rester stable en 2024. C’était différent il y a quelques années ; cette tendance reflète la situation du marché spatial.
Le marché est en effet chahuté, aujourd’hui, pour les grands acteurs… Comment vous positionnez-vous dans ce contexte ?
Historiquement, notre site est positionné sur le marché de l’observation, mais aussi de l’exploration. Nous travaillons également dans le champ des télécommunications, sur un marché qui, en effet, s’est contracté depuis quelques temps. La compétition est forte et les technologies évoluent vite. Dans ce contexte, nous avons déjà engagé d’importants développements, même si tout ne se déroule pas aussi rapidement que nous l’aurions souhaité.
Quel rôle peut jouer Airbus Defence and Space à l’heure de la montée en puissance du NewSpace ?
Au terme « NewSpace », nous préférons « NextSpace » car à notre sens, il n’y a pas d’ancien et de nouvel espace. C’est un marché en pleine évolution, auquel nous participons pleinement. Nous sommes ainsi partenaires de jeunes pousses telles que Loft Orbital, par exemple. Nous amenons des expertises, des compétences complémentaires, et travaillons en synergie avec des acteurs du territoire comme Comat, Erems ou Anywaves. L’émergence des nouvelles technologies mais aussi le déploiement des applications spatiales viennent compléter et enrichir notre stratégie d’innovation.
Quel regard portez-vous sur l’écosystème spatial toulousain ?
Toulouse, c’est un quart des effectifs européens du spatial, la moitié des effectifs français. La force du territoire, c’est justement la richesse de son écosystème : ses écoles, ses laboratoires, ses industries, ses start-up… Au fond, Toulouse agit comme un aimant dans le monde entier.











