Catherine Lambert (Club Galaxie) : « L’Occitanie abrite un tiers des acteurs français du NewSpace »
Catherine Lambert, présidente du club Galaxie, association rassemblant les acteurs de l’écosystème spatial en Occitanie, et par ailleurs présidente du Centre européen de recherche et de formation avancée en calcul scientifique (Cerfacs), à Toulouse, évoque en exclusivité pour La Lettre M les grands enjeux du spatial dans la région.
Comment se développe le Club Galaxie alors que le secteur spatial est en pleine ébullition ?
La forte dynamique du secteur nous impacte directement. Aujourd’hui, le Club Galaxie rassemble plus de 130 acteurs de l’écosystème spatial d’Occitanie, dont 110 entreprises. En un an, nous avons gagné dix adhérents, et la croissance se poursuit. Il est intéressant, dans ce contexte, de souligner que la plupart des start-up spatiales qui se créent ou s’installent dans le territoire adhèrent au club. Ce n’est pas un hasard : un tiers des acteurs français du NewSpace (industrie spatiale d’initiative privée, NDLR) est implanté en Occitanie. Notre objectif, dans ce contexte, est de participer au développement d’un écosystème propice à l’innovation, à la synergie intersectorielle et à l’entrepreneuriat.
Que représente, justement, l’écosystème spatial d’Occitanie à l’échelle européenne ?
S’il existe un certain nombre d’acteurs dans la partie est de l’Occitanie, c’est principalement dans la métropole toulousaine que se concentre l’écosystème spatial régional, qui rassemble plus de 14 000 salariés. Toulouse est incontestablement la capitale européenne du spatial. On retrouve ici tous les acteurs qui structurent et animent la filière : les industriels de toutes tailles, mais aussi les établissements de recherche et d’enseignement. Toute la chaîne de valeur est couverte.
Son leadership peut-il être menacé ?
Nous voyons se développer un certain nombre d’initiatives dans le nord de la France et en Bretagne, par exemple, mais plutôt dans le champ des applications spatiales. Côté infrastructures, le coût d’entrée protège d’une certaine manière la région toulousaine. Et grâce aux financements publics, les projets industriels – portés par des acteurs déjà présents ou par de nouveaux acteurs – se multiplient actuellement dans le territoire.
Des synergies peuvent-elles se développer entre les grands acteurs traditionnels, les équipementiers et les start-up du NewSpace ?
Bien entendu ! C’est d’ailleurs l’une des raisons qui poussent les entreprises à s’installer ici : la présence d’acteurs avec qui elles peuvent mener des collaborations ; au premier rang desquels le Cnes, évidemment, qui dispose à Toulouse d’un site majeur. Mais il ne faut pas non plus oublier les écoles comme l’Isae-Supaero, l’Enac, ainsi que TBS Education, TSE... Il y a dans la région un important vivier de talents que les start-up, notamment, viennent chercher. Avec un autre avantage : au fond, nous sommes un « petit » territoire : ici, tout le monde se connaît rapidement, notamment grâce au Club Galaxie, qui joue les fédérateurs.
Justement, quels sont les grands enjeux de demain pour le club ?
Nous souhaitons nous engager encore plus fortement sur des thématiques d’actualité pour le secteur spatial comme la gestion des données, l’intelligence artificielle, mais aussi la question environnementale. Par ailleurs, nous avons créé en octobre dernier une commission « Jeunesse et diversité » qui travaille sur l’ouverture des métiers du spatial au plus grand nombre. Je suis persuadée que pour générer de l’innovation, il faut rassembler des personnes venant de différents horizons.











