Programmation 2024 du logement social : « En Occitanie, le compte n’y est pas »
La programmation 2024 du logement social en Occitanie présentée le 7 mars par les services de l’État lors du comité régional de l’habitat et de l’hébergement (CRHH) est rejetée par les quinze organisations du logement social et de l’hébergement. « Sur 38 votants, 28 ont voté contre et 6 se sont abstenus. C’est inédit depuis la création de cette instance, commente Michel Calvo, président d’Habitat Social en Occitanie (HSO), en marge du cette réunion organisée en présence du préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch. Les 9 443 logements proposés (représentant 33,6 M€ de dotation, NDLR) sont loin des 14 000 nécessaires. Le compte n’y est pas, avec près de 190 000 demandes à satisfaire dans la région. »
Propositions
En vue de « poursuivre un dialogue et un travail constructif avec les élus du territoire et les services de l’État », les organisations (HSO, Fondation Abbé Pierre, Fapil, fédération des acteurs de la solidarité, Unafo, Uriopss, URHAJ, Afoc, CFDT, CGT, CLCV, CNL, CSF, DAL, UNLI) ont présenté onze propositions communes pour « l’avenir du logement social et de l’hébergement en Occitanie ». Ces dernières doivent notamment permettre de lever « les inquiétudes sur la loi SRU dans le but de produire du logement social dans les communes. Nous craignons aussi que les logements intermédiaires remplacent des logements sociaux, c’est une aberration », dénonce Jean-Michel Fabre, vice-président d’Habitat Social en Occitanie. Le manque de logement social est aussi prégnant dans les territoires. « Il y a une souffrance à ne pas pouvoir répondre aux besoins des citoyens », pointe Marie Piqué, vice-présidente de la Région Occitanie et co-présidente du CRHH, invitant « l’État à revenir sur ses missions régaliennes afin que tout un chacun ait un logement décent ». Les propositions portent notamment sur la programmation de crédits en vue de la construction de 14 000 logements sociaux par an, la production de logements en PLAI, PLUS et PLAI adapté (logement locatif familial) ou la protection de la loi SRU. Autres revendications : garantir que la production de logements intermédiaires ne se substitue pas à la production de logements sociaux et très sociaux et qu’elle ne soit pas intégrée au décompte de la loi SRU, redonner des marges de manœuvre budgétaires aux bailleurs sociaux (RLS et TVA à 5,5 %), faciliter l’accès aux fonds de 400 M€ dédiés à la réhabilitation de logements sociaux prévus par an pendant trois ans, favoriser un montage opérationnel permettant de produire dans le parc privé une offre de logements conventionnés Anah (social et très social) et accélérer et simplifier la mise à disposition du foncier…
Effets collatéraux
« C’est la première fois que l'ensemble des acteurs sont mobilisés, pointe Jean-Michel Fabre. Nous avons voté contre la programmation 2024 mais dans le but que le Gouvernement s’occupe de la question du logement. » Après cette levée de bouclier, « le préfet a pris acte de nos revendications, indique Michel Calvo, président d'Habitat Social en Occitanie. Nous espérons qu’informer le public fera bouger les lignes car la position de l’État, qui veut faire 20 Md€ d’économies, aura un impact fort sur le secteur du BTP dans un contexte de crise de l'immobilier. » « Cette position impactera inévitablement le développement des entreprises régionales, dont la main d’œuvre nécessaire à leur développement ne pourra plus se loger », conclut Jean-Michel Fabre.











