Avec ses nouveaux locaux à 10 M€, Erems vise le cap des 20 M€ de CA
La société haut-garonnaise Erems, spécialisée dans les équipements électroniques pour le spatial, vise « 20 M€ de CA dans deux ans, avec 210 salariés, contre 18 M€ de CA et 190 collaborateurs cette année », indique à La Lettre M Gérard Dejonghe, PDG. Une trajectoire de croissance qui s’appuie sur un investissement de 10 M€ destiné à muscler son outil industriel. Erems inaugure ainsi le 5 juin l’extension et la modernisation de son site de Flourens, portant sa surface à près de 4 000 m2, dont 450 m2 de salles blanches. « Nous avons bénéficié de soutiens financiers publics – État et Région – à hauteur de 20 % », précise le dirigeant, qui se positionne à la fois sur les grands programmes spatiaux et sur les constellations NewSpace.
Le projet d’extension des locaux, financé par Erems et Erimmo avec le concours de la Banque Populaire Occitane, a été soutenu par la Région Occitanie, l’État – via les programmes France Relance et France 2030 « Première Usine » –, mais aussi par le Cnes et l’Agence spatiale européenne via le programme GSTP (General Support Technology Programme).

© Alexandre Léoty
Une nouvelle ligne automatisée
Fondée en 1979, la PME connaît depuis deux décennies une croissance continue portée par sa contribution à des programmes d’observation de la Terre, d’exploration spatiale et de télécommunications. En dix ans, elle est ainsi passée de 70 à 190 salariés. Ses clients ? « Les grands acteurs du spatial, les agences spatiales mais aussi les nouveaux acteurs du secteur », répond Gérard Dejonghe, dont la société a enregistré 17,5 M€ de chiffre d'affaires en 2025.
L’extension et la modernisation de ses moyens industriels doivent permettre à l’entreprise d’aller encore plus loin. « Nous avons notamment investi dans une ligne de câblage automatique de cartes électroniques intégrée en salle blanche, qui sera totalement qualifiée à l’automne prochain », explique le dirigeant. Un équipement permettant à Erems, qui planche en simultané sur une quarantaine de projets et réalise 20 % de son chiffre d’affaires à l’international, d’assembler des composants de dernière génération – notamment issus de la filière automobile – selon les standards du spatial tout en répondant aux besoins de production en série liés aux constellations satellitaires. « Cela nous permet d’adresser à la fois les marchés institutionnels et les besoins du NewSpace (spatial d’initiative privée, NDLR) et des constellations, assure-t-il. Nous souhaitons diversifier au maximum notre clientèle et nos marchés. Aujourd’hui, en réalité, le spatial traditionnel et le NewSpace se mélangent ; nous commençons d’ailleurs à diffuser des technologies NewSpace chez nos clients traditionnels. Nous équipons tous types de satellites sur toutes les orbites et dans tous les environnements. Notre force est d’avoir intégré l’ensemble des métiers, de la conception aux tests en passant par la production. »
Et demain ? Interrogé par La Lettre M sur sa feuille de route pour les années à venir, Gérard Dejonghe – dont la holding familiale détient 100 % de l’entreprise –, l’assure : « Pour le moment, aucun mouvement de capital n’est prévu. » Quant à la perspective d’une transmission, « il est encore trop tôt pour en parler », insiste-t-il, avant d’ajouter : « J’ai encore envie de me faire plaisir quelques années… »











