Au 2e trimestre, en Occitanie, l’emploi stagne et l’activité ralentit à nouveau, selon l’Insee
Au 2e trimestre 2023, l'activité ralentit et l’emploi salarié se stabilise en Occitanie (+0,1 %), indique l'Insee dans sa note de conjoncture. Après plusieurs trimestres de nette hausse, la création d'emploi marque le pas dans les services marchands (+ 2 500 emplois) et l’industrie (+ 600) et diminue dans la construction (- 800) et l’intérim (- 1 300). Si l'activité ralentit dans la région, « l’industrie aéronautique reste un moteur de l’économie », précise l’Insee. Le tourisme bénéficie du retour de la clientèle non-résidente mais la construction de logements est au plus bas. Fin juin 2023, le territoire compte 28 000 salariés de plus que l’année précédente (+ 1,3 %) et le taux de chômage se maintient à 8,5 %.
Un ralentissement global de l’emploi salarié
Si l’emploi salarié stagne au 2e trimestre en Occitanie (+ 1 200 emplois), c’est surtout l’emploi privé qui est concerné (+ 0,1 %). « Ce ralentissement global de l’emploi salarié concerne la plupart des départements, avec deux exceptions : l’Ariège et le Tarn-et-Garonne, détaille François Hild, chef de projet conjoncture à l’Insee Occitanie. Il baisse même dans six départements, notamment le Gers (- 1 %) et la Lozère (- 0,7 %). »
Par rapport à juin 2022, l’emploi est tout de même en assez nette progression, avec 28 000 emplois supplémentaires. « C’est surtout le cas dans l’industrie, à cause du rebond dans le secteur aérospatial, et le tertiaire marchand hors intérim », précise le chef de projet. En revanche, l’Insee constate une faible hausse dans le commerce et l’hébergement-restauration, liée au contexte de forte inflation. « Le secteur de l’intérim, lui, connaît une forte baisse en raison des fluctuations conjoncturelles », ajoute le spécialiste.
Le taux de chômage en Occitanie perd 0,3 point sur un an et se maintient à 8,5 % de la population active. « Il varie de 4,7 % en Lozère à 11,8 % dans les Pyrénées-Orientales, indique François Hild. C’est d’ailleurs le département de France métropolitaine où il est le plus élevé. »
L’activité tourne au ralenti
Ces six derniers mois, on assiste à un ralentissement quasi continu de l’activité, surtout en juillet (+ 1,5 % par rapport à juillet 2022), qui provient notamment du secteur de la construction (- 0,3 % en un an). Elle ralentit encore dans les services marchands, en particulier le commerce et la restauration, « en raison du niveau très élevé de l’inflation ».
En revanche, l’activité reste dynamique dans l’industrie (+ 2,5 %), surtout dans la construction aéronautique et spatiale. « Une nouvelle chaîne de production a été inaugurée par Airbus le 10 juillet dernier, rappelle l’Insee. C’est un moteur marquant pour la Haute-Garonne, qui est d’ailleurs le département français dont le rebond d’activité est le plus favorable. » Cela explique les contrastes entre les départements, puisque la Haute-Garonne et les Hautes-Pyrénées sont les plus dynamiques de la région grâce à l’industrie aérospatiale.
Le tourisme de loisirs, moteur en Occitanie
« Le tourisme de loisirs reste un moteur de l’économie en Occitanie », explique François Hild. Au 2e trimestre, la fréquentation est en nette augmentation, avec 7 millions de nuitées (hors camping), soit + 3,9 % par rapport à la même période de 2022. « Nous pouvons expliquer cette hausse par le retour de la clientèle étrangère (+ 26 %), ajoute l’Insee. Mais la fréquentation de la clientèle française se tasse, car elle renoue avec des séjours à l’étranger. » On observe une augmentation de la fréquentation des hôtels de 7,1 %, contre une baisse de 1,2 % pour les autres hébergements collectifs. La ville de Lourdes bénéficie d’une reprise du tourisme cultuel, avec une hausse de 52 % de sa fréquentation sur un an, mais cela reste inférieur par rapport à la période d’avant crise sanitaire (- 13 %). De même, « le tourisme d’affaires demeure inférieur à son niveau d’avant crise et même de 2022, notamment dans les métropoles de Toulouse et Montpellier », précise le spécialiste.
Construction : un niveau historiquement bas
Contrairement au secteur du tourisme, celui de la construction connaît une baisse d’activité importante, avec un niveau de mises en chantier de logement historiquement bas : 33 330 nouveaux logements commencés entre fin juin 2022 et fin juin 2023, soit - 20 % sur un an. « La hausse des taux d’intérêt a un impact très fort sur la construction, ajoute l’Insee. Nous ne devrions pas observer de redressement dans les mois qui viennent. »











