Fil infos

Haute-Garonne
|
Syndicats - Fédérations - Associations
| 14/01/2021

Les dossiers 2021 de Philippe Robardey

À l'occasion de ses traditionnels vœux à la presse, organisés le 14 janvier sous forme digitale, Philippe Robardey, président de la CCI Toulouse 31, revient sur la crise qui impacte l'économie locale et dresse des perspectives. Morceaux choisis.

La crise en France. « Selon l'Insee et la Banque de France, l'économie française a accusé une décroissance de 9 % en 2020, contre seulement 3 % lors de la crise des subprimes, analyse l'élu consulaire. Cette année, les observateurs nationaux convergent vers une prévision de croissance d'environ 7 %. À plus long terme, deux scenarii sont formulés, l'un favorable, faisant le pari du contrôle de la situation sanitaire, et l'autre plus sévère, tablant sur une circulation encore active du virus. Dans le premier cas, nous devrions enregistrer une croissance de 7 % en 2021 et de 5 % en 2022 et la France attendrait mi-2022 pour retrouver son niveau d'activité économique de fin 2019. La seconde hypothèse, elle, repousse la reprise à 2022. Mais dans tous les cas, plusieurs indicateurs devraient se dégrader sévèrement cette année, avec l'augmentation du chômage, des destructions d'emplois et des fermetures d'entreprises. »

La situation en Haute-Garonne. Philippe Robardey rappelle que le taux de chômage dans le département est une nette hausse au 3e trimestre 2020 (+ 2 points) et en augmentation d'un point sur un an, s'établissant à 8,9 % de la population active. « Nous avons perdu 1 400 emplois salariés en un an, résume-t-il. L'an dernier, nous en avions gagné 13 000... » Côté commerce extérieur, les exportations ont chuté de 41 % et les importations de 49 % en un an. « Le décrochage brutal s’est traduit dès le premier trimestre par un trou d’air d’activité qui s’est poursuivi et creusé au deuxième trimestre, explique-t-il. En sortie de confinement, le troisième trimestre présentait un scenario de reprise effective, même si l’amorce d’un retour à la normale était plus lent qu’espéré. C’était sans compter sur la montée de la deuxième vague épidémique, l’annonce du couvre-feu puis de nouvelles fermetures administratives. » Même si, reconnaît-il, « la réouverture des commerces au moment le plus important de l’année a permis de retrouver une fréquentation essentielle, celle des fêtes de fin d’année ». Pour Philippe Robardey, le pire est cependant à venir : « Les conséquences de la crise sanitaire se feront réellement ressentir au cours du premier semestre 2021. Nous nous attendons, malheureusement, à une recrudescence des procédures collectives. »

L'activité de la CCI. Dans le contexte de crise, la CCI a « prouvé son efficacité à ceux qui en doutaient », grince Philippe Robardey, qui rappelle que la baisse programmée des dotations de l'Etat a été réduite, en contrepartie de missions élargies. « Les CCI se sont engagées à renforcer leur mobilisation, si tant est qu'elles en avaient besoin... En réalité, les chambres ont besoin de ressources, pas d'incitations ! » La CCI toulousaine estime que, depuis le début de la crise, 8 200 entreprises ont contacté sa cellule de crise et que ses services ont réalisé plus de 11 000 appels sortants afin d'informer les acteurs économiques du territoire, sans compter les campagnes dédiées spécifiquement au plan de relance et au numérique.

TBS. Les projets de l'école de commerce et de management toulousaine avancent malgré le contexte, assure Philippe Robardey, qui préside l'établissement. « Le nouveau campus de Barcelone, qui nous permettra d'accueillir à terme 11 100 étudiants dans plus de 8 000 m2, sera opérationnel en 2022, assure-t-il. Quant au campus de Toulouse, il regroupera dès 2025 toutes nos activités sur un seul site. »

L'aéroport Toulouse-Blagnac. « L'aéroport devrait accuser une baisse d'activité de l'ordre de 70 % en 2020, estime Philippe Robardey. L'activité partielle de longue durée a été mise en place en septembre dernier. Elle couvre une durée totale de 24 mois pouvant s’étendre jusqu’à 36 mois. » L’aéroport s’est engagé à ce que le taux d’activité moyen individuel soit au minimum de 60 %. Cet accord concerne la totalité du personnel de l’entreprise, soit environ 300 personnes. « Par ailleurs, le plan d'investissement d'ATB a été réduit à 135 M€ sur la période 2022-2027 », ajoute le président de la CCI toulousaine.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie