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Midi-Pyrénées
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Education - Formation
| 31/10/2024

Stéphanie Jansou (CFAA) : « Nous voulons avoir autant d’entreprises partenaires que d’apprentis »

Stéphanie Jansou et Nicolas Madiot (DRAFPICA et directeur du GIP FCIP de l’académie de Toulouse) lors des WorldSkills Lyon
© CFAA

Le Centre de formation des apprentis de l’académie de Toulouse (CFAA), présent dans les huit départements de la région Occitanie Ouest, forme près de 3 500 apprentis au sein d’une centaine de lycées publics de l’académie dans 18 secteurs d’activité. Née le 1er janvier 2016 de la fusion des neuf CFA départementaux, dont deux en Haute-Garonne, la structure dirigée par Stéphanie Jansou cherche à renforcer ses partenariats avec les entreprises, valoriser les secteurs d’activité en crise, maintenir le taux de rupture le plus bas possible, améliorer l’insertion des jeunes dans l’emploi visé et développer la mobilité internationale.

Comment se porte l’apprentissage ?
Nous connaissons depuis huit ans une croissance importante de l’apprentissage, avec 3 500 apprentis en 2024 dans le CFAA, contre 1 000 en 2016 lors de sa création. Il y a eu un réel engouement durant la crise du Covid, encouragé par les aides exceptionnelles de l’État aux entreprises. L’an dernier, on comptait environ 35 000 apprentis en Occitanie Ouest, dont 10 % inscrit dans le CFAA, ce qui est important par rapport au maillage territorial.

Quels sont les secteurs d’activité qui ont le plus de succès et ceux qui, à l’inverse, sont en difficulté ?
Nous couvrons un champ de compétences très large, avec plus de 300 formations différentes dans 18 secteurs d'activité. Celui de l’industrie est un peu en recul mais connaît un regain d’intérêt chez les jeunes, y compris les filles. Le secteur de l’hôtellerie restauration a toujours du succès, tout comme l’aéronautique, pour lequel nous n’avons aucune difficulté à remplir les promotions. En revanche, nous notons un certain retrait dans le domaine des services, en particulier dans la coiffure. Il ne s’agit pas d’un désintérêt des entreprises, puisqu’elles ont un réel besoin, mais de difficultés au niveau du vivier. Il est difficile de mesurer un désengagement, mais nous essayons de valoriser ces secteurs, à travers des campagnes de communication ciblée ou des événements.

Quel est le taux d’insertion professionnelle de vos apprentis ?
Nous enregistrons un taux d’insertion d’environ 65 %, mais nous encourageons aussi nos jeunes à poursuivre leurs études, notamment par la voie de l’apprentissage, car nous voulons les qualifier au plus haut niveau possible. C’est le cas d’un tiers des jeunes du CFAA. Ainsi, les entreprises peuvent les garder sur différents niveaux de contrat. Nous étudions un nouveau taux, celui de l’insertion dans l’emploi visé, qui selon les premières données récoltées, est d’environ 60 %. Et d’après nos enquêtes, un apprenti sur trois est toujours en CDD ou CDI dans la même entreprise.

Quelles sont vos relations avec les entreprises ?
Nous travaillons avec 2 500 entreprises partenaires, mais notre objectif est d’en avoir autant que d’apprentis. Nous comptons donc sur nos 77 bureaux des entreprises, un dispositif déployé depuis la rentrée 2023 dans tous les lycées professionnels et polyvalents de l’académie de Toulouse et qui nous permet de faire le lien avec le monde de l’entreprise. Nos coordinateurs de l’apprentissage travaillent beaucoup avec ce nouvel acteur afin d’obtenir des contacts. 

Quels sont les objectifs du CFAA ?
Compte tenu du contexte, nous ne visons pas une croissance mais une stabilisation de nos effectifs. Nos objectifs sont davantage qualitatifs : nous souhaitons garder nos jeunes en formation autant que possible et maintenir un taux de rupture très bas. Pour cela, nous avons mis en place plusieurs dispositifs, comme un service de médiation sociale avec au moins un médiateur par département pour les questions de santé mentale, et un fonds de solidarité mobilité pour les jeunes en difficulté financière. Les retours sont bons, puisque seulement 5 % de nos apprentis arrêtent leur formation, contre 30 % au niveau national. 

Et vos ambitions au niveau de la formation ?
Nous souhaitons développer la mobilité internationale. L’an dernier, une soixantaine de nos apprentis, essentiellement en post bac, sont partis à l’étranger. Les jeunes intègrent une entreprise du même secteur d'activité que celle dans laquelle ils travaillent en France et apprennent ainsi d’autres manières de travailler, avec une approche linguistique non négligeable. Nous travaillons essentiellement avec l’Espagne, l’Italie, la Belgique, l’Allemagne, l’Irlande et la Pologne et sommes intéressés par le Québec. La mobilité dure en moyenne trois semaines, mais nous souhaiterions accentuer les séjours longs.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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