Spécialisée dans la réparation de lunettes, OOmade programme une levée de fonds
Après avoir développé un logiciel permettant de réparer les montures de lunettes à l’aide d’une imprimante 3D, la start-up héraultaise OOMade envisage une levée de fonds. « Nous programmons un tour de table d’ici la fin de l’année en vue d’accélérer notre développement en France et à l’export en 2025, doubler nos effectifs et améliorer notre process », indique Michel Hodzaj - cofondateur d’OOMade en 2022 aux côtés de l’opticien Éric Robert -, sans préciser le montant des fonds recherchés. La solution développée par la start-up de neuf salariés baptisée “SAV de la lunetterie“ a fait l’objet de deux années de R&D et de tests réalisés dans 180 magasins d’optique.
Marché export
« Le client patiente une dizaine de minutes et repart avec des lunettes de courtoisie à sa vue le temps de la réparation. Près de 10 000 paires ont déjà été reproduites avec des matériaux biosourcés », explique le dirigeant d’OOMade. Nous avons démarré au sein de l’incubateur du Bic de Montpellier avant de décrocher la bourse French Tech Montpellier Méditerranée et un prêt innovation de la Bpifrance afin de lancer l’activité et déposer notre brevet international. Notre approche consiste à digitaliser le dernier maillon de la chaîne de valeur du secteur de l’optique. Nous avons eu la chance d’être aidé par des enseignes spécialisées telles que d’opticiens comme Krys et des opticiens indépendants et actuellement, nous sommes en phase de tests avec des partenaires européens pour attaquer le marché export.» OOMade entend par ailleurs profiter de sa présence au salon mondial de l'optique Silmo organisé fin septembre à Paris pour présenter sa solution et participer au concours de l'innovation Silmo d'Or.
Accroître la fréquentation des magasins
« Les retours de nos clients opticiens montrent que notre solution valorise l’expérience client, indique le dirigeant. La plupart des opticiens ne font pas payer ce service SAV car ils misent sur l’augmentation du passage de clients en magasin. » Si la partie logicielle est au cœur de la solution, la matière servant à reproduire la face des montures se veut également innovante et éco-responsable. « Nous utilisons des filaments en amidon de maïs, un matériau biosourcé et recyclable en s’approvisionnant auprès de différents partenaires en France, dont Atome 3D, un grossiste en imprimante et matériaux basé à Toulouse, poursuit Michel Hodzaj. Nous en sommes à la troisième version de notre solution et réfléchissons actuellement à l’utilisation d’autres matériaux réalisés à base de déchets recyclables comme le café, le bois, le houblon... Nous devons vérifier que les caractéristiques physiques de ces matériaux soient fiables et offrent la sécurité attendue pour des lunettes de remplacement. » La démarche RSE de la start-up concerne aussi les branches des lunettes. « Nous essayons de trouver un modèle visant à les réutiliser. Pour l’heure, les opticiens constituent des micro-stocks qui pourraient être triés et réutilisés », conclut-il.











