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Hérault
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Eau - Environnement
| 17/03/2023

À Sète, SolarinBlue teste la première ferme solaire offshore française

Antoine Retailleau, cofondateur et directeur des opérations de SolarinBlue devant une des unités photovoltaïques. ©NellyBarbé

La start-up montpelliéraine SolarinBlue présente le 17 mars les deux premières unités de son démonstrateur solaire en mer qui va être installé au large du port de Sète, à 1,5 km de la côte sur un ancien site pétrolier. « C’est la première fois qu’une ferme photovoltaïque offshore est mise à l’eau en France et en Méditerranée, se réjouit le dirigeant Armand Thiberge, également cofondateur de la solution de marketing digital Sendinblue. Début 2024, cette ferme solaire, dénommée SunSète, comptera 25 unités pour une puissance totale de 300 kWc sur 0,5 ha » et pour une production estimée à 400 MWh/an, soit l’équivalent de la consommation annuelle de 200 personnes, qui alimentera les infrastructures du port.

2,5 M€ investis

« Les trois années de R&D ainsi que le projet SunSète représentent un investissement de 2,5 M€ », indique Antoine Retailleau, cofondateur et directeur des opérations, dont près de 1 M€ en subventions AdemeEvolen et Citeph. L’équipe de SolarinBlue travaille en parallèle sur deux autres projets pré-commerciaux de ferme solaire offshore : un au large de Mangalore en Inde – « nous avons sécurisé la production d’1 Mwh d’ici à 2024-2025 » - et un autre à l'étude pour 200 Mwh et dont l’emplacement n’est pas dévoilé. Il sera situé « en Europe mais pas en France », possiblement en mer Méditerranée.

Parité réseau d'ici à 2026

« Notre ambition est d’atteindre la parité réseau d’ici à trois ans et d’être en mesure de fournir une électricité renouvelable partout où le foncier est contraint et où l’électricité est trop carbonée » avec, d’ici à 2025, un tarif de l'électricité à 80 €/Mwh, puis 50 € d’ici 2030. « À titre de comparaison, les parcs éoliens sont actuellement à plus de 100 €/Mwh », signale le dirigeant. La start-up vise trois marchés : les installations portuaires, les zones côtières densément peuplées et les systèmes insulaires. Concrètement, cela se traduira, selon le directeur des opérations, par « des parcs indépendants au plus près de zones de consommation et éventuellement des colocalisations avec l’éolien offshore où là on partagerait le cout du raccordement et celui des sous-stations en mer ». Objectif d’ici 2030, plus de 50 Gwh offshore produits et une centaine à horizon 2040. 

Technologie économique et écologique

Techniquement, ces structures ont été conçues pour résister à une houle de 10 mètres et des vents de plus de 200 km/h. Les panneaux photovoltaïques ont été surélevés à plus de trois mètres du niveau de la mer pour ne pas être en contact avec les vagues. « Ces modules sont appelés à produire de l’électricité pendant trente ans », précise Aurélien Croq, DG de SolarinBlue qui insiste sur le caractère « économique et écologique » de leur technologie. L’ancrage a été voulu quant à lui peu consommateur de surface, de moins d’1 m2 et l'espacement entre les unités permet de laisser passer 40 % de l'ensoleillement. Les trois objectifs de ce démonstrateur bardé de capteurs : « Étudier les productibles en pleine mer, tester la robustesse de la structure et la pertinence des ancrages ».

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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