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| 20/11/2024

Romain Tissot (Tissot Immobilier) : « La relance du secteur passe par une baisse des prix de vente »

© Holding Tissot

Directeur de Tissot Immobilier, filiale de la holding familiale nîmoise Tissot, et nouveau président de la Fnaim du Gard, Romain Tissot évoque pour La Lettre M l'actualité du marché immobilier gardois, les projets du groupe et le bilan de l’exercice 2024. Entretien.

Vous avez été élu à la présidence de la Fnaim (Fédération nationale de l’mmobilier) Gard-Lozère en septembre. Quelle est votre feuille de route ?  
Je veux m’inscrire dans la continuité des actions déjà engagées lorsque j’étais vice-président aux côtés de Sarah Galibert à qui j’ai succédé. L'objectif est de défendre au mieux la profession, et ce malgré une baisse considérable de l’activité avec un recul de 10 à 15 % d’adhésions, en raison principalement de la chute des volumes de vente... La priorité va donc consister à consolider le nombre d’adhérents. Nous devons être également représentatif de la profession, accompagner les agents immobiliers sur le volet formation, notamment sur l’obligation de justifier d'un certain nombre d’heure pour pouvoir exercer cette profession. Il s'agit avant tout de rassurer les confrères et les consœurs. La chambre Gard-Lozère est l’une des plus petites de France avec près de 90 adhérents...

La Banque de France annonce une baisse des taux de crédit courant décembre. Constatez-vous déjà un impact de cette décision ? 
Pour l'instant on ne le ressent pas vraiment. Mais effectivement, c'est un des paramètres importants pour relancer les ventes immobilières. Le deuxième paramètre qui peut s'avérer positif pour y parvenir est la baisse des prix des ventes. Nous parvenons enfin à faire entendre aux vendeurs que pour relancer les transactions, ils doivent revenir à des prix conformes à ceux du marché. Ces 18 derniers mois, ces derniers sont en baisse de 12 %. Or, nous estimons que le recul devrait être compris entre 15 % et 20 %. Conjugué à la baisse des taux, cela permettrait aux acquéreurs de retrouver une capacité d’emprunt.

Côté acquéreurs, quelles peuvent être les alternatives à l’achat après la suppression du dispositif Pinel ?  
Clairement, la vente dans le neuf est à l’arrêt… En cause la hausse des coûts de construction et des matériaux qui ont considérablement affaibli l'activité. Le gouvernement a supprimé le dispositif Pinel or c’est la défiscalisation qui permettait au secteur du neuf de survivre ces dix dernières années. Sur le partie gestion, nos locaux sont vendus à 70 % à des investisseurs qui ont derrière eux un marché locatif nourri (…) les dispositifs ne permettent pas à l'acquéreur d'y accéder, l'offre Pinel répondait à ce besoin, ce qui peut changer la donne c’est la capacité d’emprunt, donc par des dispositifs de défiscalisation. Notre préoccupation principale aujourd'hui concerne la commercialisation : va-t-on arriver à la relancer ?  Car si nous ne vendons pas, que ce soit des bureaux ou des logements, les projets résidentiels ou tertiaires ne peuvent être lancés. Il faut donc des solutions permettant de relancer les ventes et de débloquer cette situation.

A Nîmes, la construction du centre d'affaires eNovia, portée par la Holding Tissot et votre associé GGL, s'apprête à entamer sa phase 2... 
Concernant le projet eNovia, dans lequel nous sommes associés à parité avec le groupe héraultais GGL, la phase deux a démarré et comprend la réhabilitation et la rénovation complète du bâtiment du campus Eriee, rebaptisé eNovia. L’ensemble est proposé en location avec à ce jour 60 % des surfaces réservées, essentiellement par des acteurs de la recherche et de la formation… L’entreprise Thermofisher a notamment signé un nouveau bail pour recentrer ses locaux dans cette zone. Le second bâtiment est dédié au coworking avec un espace de 2 000 m2. Cela va permettre d’apporter une offre qui n’était pas forcément présente à Nîmes. Seuls quelques tiers-lieux proposent des locations de bureaux de courte durée. Au sein de Tissot Immobilier, nous avançons sur ce segment avec le groupe montpelliérain Bureaux & Co pour développer une offre plus haut de gamme. Le futur bâtiment est l’un des rares bâtiments gardois classés ERP (établissement recevant du public, NDLR) de 3èmecatégorie, capable de répondre aux demandes des écoles et formations privées, que nous ciblons avec une capacité d’accueil de plus de 500 personnes. Le budget total investi sur eNovia s’élève à un peu moins de 30 millions d’euros. 

Quels sont les projets d’aménagement en cours à Nîmes ? 
Nous achevons la construction d’un immeuble de bureaux, le PGB7, au sein du parc Georges Besse. Un chantier lancé à l’été 2023 qui sera livré dans deux mois avec une livraison prévue en décembre prochain. En termes de commercialisation, 60 % des surfaces ont été cédées. Nous sommes également associés avec une filiale de GGL dans un second projet situé en centre-ville, à proximité du palais des congrès. Il s’agit d’un immeuble de logements. Le foncier a été acquis auprès du Département du Gard. Les fouilles archéologiques ont été lancées en janvier… À l’entrée de la zone Nîmes-ouest – au KM Delta – nous portons un projet de bureaux de 4 000 mde surface de plancher. L’opération est réalisée dans le cadre d’une consultation lancée par la Ville. Aujourd’hui le terrain d’assette n’est pas tout à fait défini. Plus largement, concernant nos projets et compte tenu de la conjoncture incertaine, nous restons concentrés sur le périmètre Gard – Hérault. Notre priorité est de terminer et commercialiser nos opérations 2025. Cela nous permettra d’écouler notre stock, dont les 40 % restant à commercialiser au sein du PGP7, en misant sur un redémarrage de l’activité…

En parallèle des projets en cours dans la Zac Cambacérès à Montpellier, vous y avez inauguré dernièrement le déménagement de l'agence héraultaise Tissot…
Notre siège historique est basé à Nîmes. Mais nous avons décidé de transférer les bureaux de la holding Tissotet de ses filiales - Tisspark, Facilitiss - dans l’un des deux bâtiments que nous avons construits dans cette nouvelle zone avec le groupe héraultais FDI, soit un ensemble global de 15 000 m2. Nous occupons 1 200 m2 au sein du programme Lead. En termes de commercialisation, 30 % des surfaces sont encore disponibles.

Comment évolue l’activité de Tissot Immobilier ?
Tissot immobilier est une agence immobilière proposant les services de transaction, gestion, syndic d’habitation et d’entreprise. Les deux dernières années ont été extrêmement difficiles pour le secteur. Concrètement, nous prévoyons une baisse d'activité en 2024 avec un chiffre d’affaires prévisionnel de 35 M€, contre 51 M€ en 2023 pour la holding. Au sein du groupe, nous avons la chance d’avoir une activité diversifiée avec la partie gestion immobilière, la gestion des stationnements, et enfin la production d’énergie solaire... Cela nous permet d’avoir une certaine sécurité par rapport aux autres segments. Nous espérons que l’activité va repartir à la hausse en 2025. 

 

Gaëlle Ohan-Tchelebian / redaction.montpellier@lalettrem.net
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