Pour le Medef 31, « tout n’est pas si rose dans la Ville rose »
L’heure est à la mobilisation pour le Medef 31 : son président Pierre-Olivier Nau assure le 6 mars devant la presse que « non, tout n’est pas si rose dans la Ville rose ». Et l’élu patronal d’argumenter : « Nous avons été surpris, voire choqués par le fait qu’après la venue du ministre de l’Économie Éric Lombard dans notre territoire (le 13 février dernier, NDLR), le Gouvernement a communiqué sur le thème : "Tout ne va pas si mal à Toulouse." Mais aussi par les récentes publications de la Banque de France, qui estime que finalement, ça va plutôt bien chez nous. Or en interrogeant nos adhérents, nous obtenons un son de cloche beaucoup plus nuancé… En réalité, nous sommes inquiets pour notre avenir immédiat. »
« Pour les entreprises, chaque euro compte ! »
Face à des discours jugés « optimistes », le syndicat patronal – qui fédère environ 750 adhérents – entend ainsi se faire l’écho du terrain, s’appuyant notamment sur les enseignements d’un tout nouveau Baromètre (lire en encadré). « À l’échelle mondiale, les annonces américaines font à juste titre peur à l’Europe et à la France, rappelle tout d’abord Pierre-Olivier Nau. Les tarifs douaniers évoqués par Donald Trump constituent une aberration économique et commerciale. » À l’échelle nationale, cette fois-ci, l’élu patronal évoque « les 13 Md€ que le nouveau budget fait peser sur les entreprises », ce qui est de son point de vue à la fois « anachronique et disproportionné » et « flingue toute envie d’investir et de recruter ». Et Pierre-Olivier Nau de tirer par ailleurs à boulets rouges sur le Versement mobilité régional : « On entend certains élus dire que c’est l’épaisseur du trait… Or pour les entreprises, chaque euro compte ! Chaque impôt en plus, c’est du salaire et de l’investissement en moins ! Le versement mobilité est une aberration, à un moment où les entreprises n’en ont pas les moyens… »
Un territoire jugé « trop dépendant d'Airbus »
Au-delà de ces points de crispation globaux, le président du Medef 31 entend faire la lumière sur les problématiques liées en particulier au territoire toulousain. « Airbus a annoncé sa volonté de recentrer ses investissements sur sa capacité à produire afin d’assurer la montée en cadence demandée par ses clients, rappelle-t-il. C’est une très bonne nouvelle au moment où Boeing revient en force. Mais cela a un impact dur pour beaucoup d’acteurs du territoire qui ne sont pas liés directement à la production. Et cela démontre que nous restons encore trop dépendants d’Airbus. » Pour Pierre-Olivier Nau, d’autres secteurs économiques comme la santé doivent monter en puissance afin de réduire la dépendance du territoire à la seule filière aéronautique et spatiale. « Nous pourrions être une vraie capitale de la croissance durable, martèle-t-il. Mais cela suggère des infrastructures… »
Toulouse, « ville qui recule » ou « capitale européenne » ?
L’occasion pour l’élu patronal d’évoquer un dossier brûlant : celui de l’arrêt récent du chantier de l’autoroute A69. « Ce n’est pas un sujet ponctuel, assure-t-il. En réalité, cela incarne la société que nous voulons. Avec d’un côté, ceux qui souhaiteraient aller vers une forme de décroissance en faisant de Toulouse une sorte d’île déserte, et ceux qui veulent une croissance responsable et durable. » À l’image de Jean-François Rezeau, président de la CCI Occitanie, qui indiquait le 4 mars dans nos colonnes sa crainte que l’arrêt de l’A69 « fasse jurisprudence », Pierre-Olivier Nau se dit inquiet pour d’autres sujets d’infrastructures, qu’il s’agisse de la LGV Bordeaux-Toulouse, de la Jonction Est ou des vols de nuit de l’aéroport Toulouse Blagnac. « Certains voudraient faire de Toulouse une ville qui recule, alors que nous voulons en faire une capitale européenne », résume le représentant patronal, qui – évoquant par ailleurs la fragilité des trésoreries, la crise persistante du secteur du bâtiment et, in fine, la hausse des défaillances d’entreprise en Haute-Garonne – insiste : « L’état de santé économique du territoire est bien moins bon que ce que certains veulent bien laisser entendre. »
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