Jonction Est de Toulouse : la commission d'enquête donne un avis favorable au projet
La commission d'enquête donne un avis favorable sans réserve au projet de Jonction Est porté par Toulouse Métropole. Cet avis consultatif conditionne la déclaration d’utilité publique que doit prendre le préfet sur ce nouvel échangeur routier qui desservira Balma, Saint-Orens-de-Gameville et Quint-Fonsegrives, dans l’est toulousain, afin de désengorger le trafic. Le projet suscite néanmoins de vives critiques, notamment chez Archipel Citoyen, qui dénonce le budget de 95,5 M€ « au profit de logiques routières dépassées ». Selon ce collectif, l’avis de la commission d’enquête est « un déni de démocratie », alors que la majorité des contributions citoyennes s'est prononcée défavorablement.
« Une aberration écologique et sociale », estiment les opposants
Publié le 10 février, le rapport de la commission d’enquête publique – réalisé du 26 novembre 2024 au 7 janvier 2025 – indique en effet que sur les 4 076 contributions exploitables, 2 303 sont défavorables, contre 1 599 favorables. Cependant, la commission estime que « les points positifs (avantages du projet) sont supérieurs à ses points faibles ». « Nous dénonçons une consultation qui, au lieu d’être un véritable outil d’écoute et de co-construction, se révèle être une simple formalité destinée à valider des décisions déjà prises en amont, estiment les opposants. Le projet de la Jonction Est représente une aberration écologique et sociale (…) alors même que les Toulousains demandent des investissements massifs en faveur des transports en commun et des mobilités douces. » Archipel Citoyen – collectif qui entend lancer une coopérative politique et citoyenne en vue des élections municipales de 2026 à Toulouse – appelle la préfecture et les collectivités concernées à « reconsidérer ce projet en tenant compte de l’avis majoritaire des citoyens ».
Si elle émet un avis favorable sans réserve, la commission d’enquête formule néanmoins plusieurs recommandations, à commencer par « renforcer l’attractivité des transports en commun par rapport à la voiture en leur réservant des voies propres permettant des gains de temps significatifs ». Parmi les autres pistes d’amélioration, elle suggère de mettre en œuvre les mesures « éviter, réduire, compenser » (ERC) proposées par les maîtres d’ouvrage (Toulouse Métropole et ASF), d’aménager les transports en commun pour relier la station de métro de Limayrac au secteur de la Plaine et de Ribaute et des liaisons transverses entre Balma et Labège et d’engager la réflexion sur la création d’une liaison ferrée de type RER entre Matabiau et Labège.
Une mise en service prévue en 2028
Alors que les communes de Balma, Saint-Orens-de-Gameville, Labège et Toulouse émettent un avis favorable, celle de Quint-Fonsegrives « ne formule pas d’avis précis », la délibération reprenant plusieurs points d’attention formulés par les élus. Quant à la Région Occitanie, elle donne un « avis non tranché », exprimant sa « compréhension de l’enjeu de l’aménagement routier pour le développement de l’est toulousain » mais aussi sa « crainte de voir un effet de facilitation de la voiture individuelle au détriment des transports en commun ». Prochaine étape dans ce dossier : l’arrêté de déclaration d’utilité publique du projet, qui devrait être pris prochainement par le préfet. La nouvelle jonction pourrait être mise en service à horizon 2028.











