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Région Occitanie
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Infrastructures / Transports - Logistique
| 4/03/2025

Jean-François Rezeau (CCI Occitanie) : « Le risque serait que l’arrêt du chantier de l'A69 fasse jurisprudence »

© CCI Occitanie

En exclusivité pour La Lettre M, Jean-François Rezeau, président de la CCI Occitanie, évoque les conséquences de la mise à l’arrêt du chantier de l’autoroute A69. Pour l’élu consulaire, la crainte est – au-delà du chantier lui-même – que la décision du tribunal administratif de Toulouse fasse jurisprudence et que « puissent être remis en cause d’autres projets d’infrastructures indispensables au développement de notre région », à l'image de la LGV Bordeaux-Toulouse, de la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan ou du contournement ouest de Montpellier. Néanmoins, suite au recours que va déposer l’État, Jean-François Rezeau dit avoir « bon espoir que dans les mois qui viennent, ce projet puisse être finalisé ».

Quel regard l’élu consulaire que vous êtes porte-t-il sur la mise à l’arrêt du chantier de l’A69 ?
Ma réaction est épidermique sur un projet ô combien important pour les habitants, l’économie, les entreprises du territoire… La mise à l’arrêt d’un chantier aussi attendu ne peut susciter que de la mobilisation de notre part. À ce titre, je vais participer au rassemblement organisé samedi dans le Tarn et proposer dès cette semaine que la CCI Occitanie adopte une motion de soutien à l’action de l’État tout en se réservant la possibilité de déposer elle aussi un recours. Ma position est la suivante : il y a un temps pour tout. Tout d’abord, le temps du dialogue, de l’échange, de la concertation, qui est important et nécessaire, puis le temps de la décision et, enfin, le temps de la réalisation. C’est dans cette troisième phase que nous nous trouvons, avec un chantier déjà très engagé et beaucoup d’argent dépensé.

Au fond se pose ici la question de la conciliation entre économie et écologie…
Je n’ai jamais opposé les deux, bien au contraire. J'estime qu'avec le sociétal, l’économie et l’écologie doivent être pris conjointement en considération dans tout projet industriel, économique ou d’aménagement. Sur l’A69, la question de l’impact environnemental a été largement prise en compte. Les engagements en termes d’aménagement et de compensation ont été très forts. Je suis convaincu que l’économie et l’écologie peuvent et doivent vivre ensemble.

La décision du Ttribunal administratif de Toulouse est-elle de nature, selon vous, à fragiliser d’autres grands projets d’infrastructures en Occitanie ?
Oui, car c’est un cas d’école. Au-delà de l’A69, la crainte est que puissent être remis en cause d’autres projets d’infrastructures indispensables au développement de notre région. On pense immédiatement à la LGV Bordeaux-Toulouse, à la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan, mais aussi aux projets autoroutiers nécessaires au désenclavement des métropoles ; des sujets sur lesquels, nous le voyons, les mêmes oppositions sont mobilisées. Le risque serait que cela fasse jurisprudence. Car il y a, nous l'avons vu, une fragilité juridique. L’État a compris qu’il fallait faire en sorte de consolider l’arsenal juridique afin qu’il ne soit plus possible de revenir ainsi en arrière lorsqu’une décision a été prise. Soyons clairs : l’expression d’une opposition dans le calme, c’est très bien, c’est constructif. Mais cette décision de justice va dans le sens de ceux qui ont parfois exprimé leur opposition de façon violente.

Êtes-vous confiant quant à la reprise du chantier ?
Oui, je suis assez confiant. Car je l’ai dit, il y a une forte mobilisation autour du projet. L’État a clairement exprimé son point de vue sur cette situation ubuesque et fera donc appel. J’ai donc bon espoir que dans les mois qui viennent, ce projet puisse être finalisé.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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