Michael Toplis (Université de Toulouse) : « Faire émerger une marque pour peser à l’international »
Michael Toplis, président de l’Université de Toulouse depuis avril dernier, évoque pour La Lettre M les évolutions du site, qui réunit quinze établissements d’enseignement supérieur et de recherche et compte 17 000 enseignants, chercheurs et personnels administratifs pour 110 000 étudiants.
En janvier dernier, le site académique toulousain est devenu « Université de Toulouse ». Concrètement, qu’est-ce qui a changé depuis ?
Je pense qu’il est en train de se passer quelque chose de nouveau. Depuis l’ordonnance de décembre 2018 [relative à l’expérimentation de nouvelles formes de rapprochement, de regroupement ou de fusion des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, NDLR], l’université explore des modes d’organisation et de fonctionnement inédits. Elle sortira de cette expérimentation en 2028. C’est donc maintenant que tout se joue !
L’enjeu est de profiter de cette phase d’expérimentation pour être reconnue grande université de recherche. Quels sont les marqueurs de réussite ?
Le travail est en cours depuis plusieurs années afin de réunir les six critères : des stratégies communes de recherche, de formation et à l’international, une signature unique des publications, des éléments de diplomation et une politique RH et budget partagée. En ce qui concerne les éléments de diplomation, l’Université de Toulouse est habilitée à octroyer le doctorat depuis septembre 2023. Des lettres d’orientation RH et budgétaires sont aussi rédigées à destination de l’ensemble des membres fondateurs des établissements de l’Université de Toulouse. Quant à la signature unique, elle peut s’avérer vertueuse pour les classements internationaux mais ne pourra être mise en place qu’à la fin du processus institutionnel.
Qu’en est-il des stratégies communes ?
Nous devons faire en sorte que Toulouse soit dotée d’une structure universitaire visible sur les scènes nationale et internationale. Actuellement, avec le fractionnement du paysage, elle ne dispose pas d’université qui puisse porter l’ensemble des forces du site académique. La coordination des moyens mobilisés est donc indispensable, car plus nous nous accorderons sur les stratégies, plus nous pourrons peser sur l’échiquier international.
Comment allez-vous procéder ?
Cela se joue à deux niveaux. Concernant la visibilité, nous devons faire émerger une marque Université de Toulouse qui passera par une évolution institutionnelle. J’y consacre une partie de mon action et suis accompagné par un vice-président aux ressources et trajectoires institutionnelles. Dix autres vice-présidents travaillent à coordonner les feuilles de route afin de disposer d’une stratégie unique au premier semestre 2024.
La communauté universitaire de Toulouse a perdu, à deux reprises, le label Idex (Initiatives d’excellence). Mais en 2022, elle a su retrouver une dynamique avec la labellisation par l’État de son projet Tiris. Quel est son objectif ?
Ce projet bénéficie d’une enveloppe de plus de 38 M€ de l’État, ainsi que d’un financement de 1 € de la Région pour 1 € versé par l’État, ce qui représente près de 80 M€ au total. Son objectif est d’accompagner la transformation du site toulousain. Il compte des volets recherche, formation, valorisation, industrie, science [qu’il pilote, NDLR]. Tiris vient en appui aux feuilles de route, donne les moyens et des impulsions à différentes initiatives. C’est un élément essentiel dans notre paysage actuel.











