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Hérault
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Conjoncture
| 22/01/2025

Les professionnels du BTP à l’heure de la résilience

Olivier Giorgiucci, président de la FRTP (fédération régionale des travaux publics) Occitanie, le 21 janvier lors de la cérémonie des vœux de la délégation Hérault-Méditerranée* de l’organisation professionnelle.
© VC

« Nous devons rester résolus et optimistes », explique Olivier Giorgiucci, président de la FRTP (fédération régionale des travaux publics) Occitanie, le 21 janvier lors de la cérémonie des vœux de la délégation Hérault-Méditerranée* de l’organisation professionnelle. Dans un contexte de baisse de l’activité et d’incertitudes économiques et politiques, le représentant de la filière mise sur la commande publique pour dynamiser les carnets de commande. « En 2025, la visibilité des entreprises varie de quelques jours à plusieurs semaines, explique-t-il. Nous subissons le flou lié à l’absence de budget de l’État et son impact sur les investissements des collectivités ».

Attentisme des collectivités rurales
Selon lui, les perspectives d’activité sont faibles, notamment concernant le second semestre 2025 et l’exercice 2026. « Pas de catastrophisme, les solutions viendront de nos entreprises et des investissements stratégiques », commente Olivier Giogiucci.  2024 a été une bonne année, grâce aux travaux du tramway de Montpellier ou aux projets d’entretien des réseaux d’eau et d’énergie. Mais l’activité est plus difficile hors zone urbaine ». À ses yeux, l’immobilisme n’est pas une option : « L’entretien et le renouvellement des réseaux ne doit pas être mis en pause ! J’alerte le gouvernement et les parlementaires sur la nécessité de maintenir l ’investissement local. Il en va de la compétitivité, du développement et de l’attractivité des territoires, mais également de la mise en œuvre des transitions écologiques et de la préservation des ressources et ce malgré la nécessité de baisser les déficits publics. Réduire les investissements ne résout rien et obère l’avenir. » Le président de la FRTP Occitanie constate un certain attentisme en la matière du côté des collectivités, notamment chez celles situées en zone rurale. « Elles ont été peu dynamiques ces dernières années, alors que les fins de mandat des élus sont habituellement plus porteuses », souligne-t-il. Selon la FRTP la commande publique émanant des petites et moyennes collectivités - communes comptant moins de 3 500 habitants jusqu’aux agglomérations -, représentent environ 40 % de l’activité du secteur. « Ce n’est donc pas neutre pour nos entreprises », relève Olivier Giorgiucci

Élus mobilisés
Présent lors de cette cérémonie, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole considère l’investissement public comme « un puissant levier de l’activité économique. » En 2024, la métropole héraultaise a investi 490 M€ et la Ville 190 M€. « Jamais dans l’histoire, il n’y avait eu un tel niveau d’investissement. Concernant 2025, les investissements seront réduits à 400 M€ pour la métropole et 170 M€ pour la Ville parce que nous arrivons au terme de nos engagements. Investir c’est créer de l’activité, des emplois et des recettes de TVA... Avec la Région, nous travaillons aux relais de croissance avec la LGV (LNMP) et le tronçon Montpellier-Béziers (1 Md€), le Contournement ouest (220 M€), les bus-tram, le Serm... c’est aussi le futur réseau de chaleur prévu au sud de Montpellier, c’est également réduire les fuites des réseaux d’eau de 13% à 8% d’ici la fin de la décennie. Il s’agit de rattraper le retard et relever les défis qui nous attendent, souligne l’élu avant d’encourager les entreprises de travaux publics à verdir leur activité : « Il s’agit de les décarboner (la FRTP a prévu de réduire les émissions de CO2 de 40 % d’ici 2030, NDLR), de recycler les matériaux, sans oublier l’emploi et l’insertion avec l’intégration de clauses spécifiques. Il faut développer un “made in Montpellier“ si l’on veut gagner des marchés ailleurs ». Du côté du Département de l’Hérault, Jean-François Soto, conseiller départemental, également maire de Gignac et président de la communauté de communes Vallée de l’Hérault, s’inquiète de l’évolution du budget de la collectivité. Il confirme toutefois la volonté du président du Département de « sacraliser » les budgets les projets liés à l’eau potable ou à l’assainissement malgré la situation financière « très compliquées » des collectivités locales. Représentant la Région Occitanie, Marie-Thérèse Mercier, conseillère régionale, salue « le bon niveau d’activité des travaux publics en 2024 » mais dit craindre que « les mois qui viennent soient moins bons. » En cause, l’impact de « la baisse attendue des investissements des collectivités sur l’emploi local ». Si la Région ne votera son budget primitif qu’en février prochain, faute de visibilité suffisante des dotations de l’État, « les choix de Carole Delga, sa présidente, portent sur les économies de fonctionnement et des investissements en baisse mais qui restent préservés. » 

*La délégation regroupe 150 entreprises employant 6 000 salariés, pour un chiffre d’affaires cumulé de 750 M€ (CA : 750 M€).

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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