Le salon Millésime Bio fait toujours recette auprès des acheteurs
La 31ème édition du salon Millésime Bio organisée du 29 au 31 janvier au parc des expositions de Montpellier a attiré 9 600 visiteurs venus rencontrer 1 500 exposants, annonce SudVinBio, organisateur de la manifestation dédiée aux professionnels de la filière viticole, cidricole, brassicole et spiritueux bio. Le salon qui s’est tenu durant le mouvement agricole, affiche un recul de 6 % de sa fréquentation. 20 % des visiteurs étaient étrangers en provenance d'une cinquantaine de pays (Europe, Amérique du Nord et Asie). Pour autant, les exposants – dont 17 % de nouveaux - ont considéré les visiteurs professionnels commé étant « très qualifiés » : cavistes, grossistes, négociants, CHR et représentants de la grande distribution.
La prochaine édition du salon se déroulera du 27 au 29 janvier 2025. L’Occitanie compte 60 000 ha de vignes certifiées ou en conversion bio en 2022, soit 22 % du vignoble régional et 35 % du vignoble bio au niveau national. Le département du Gard concentre à lui seul 33 % des surfaces de vignes Bio d’Occitanie tandis que le Gers en compte à peine 6 %. Pour autant, les surfaces de conversion en bio sont retombées à 2 ou 3 %. En effet comme leurs homologues vignerons qui produisent du vin en « conventionnel », les vignerons bio subissent aussi la crise de la consommation de vin et l’impact de l’inflation sur le pouvoir d’achat des consommateurs.
Un salon qui s'anticipe
Labellisé bio pour la première fois lors des vendanges 2023, le domaine Croix Saint Julien basé à Cournonsec (34) participe pour la première fois au salon. Conduit par Dominique Robert (5e génération de vignerons) et sa compagne Agnès, l'exploitation s’est convertie depuis trois ans. « Notre présence sur ce salon est un challenge avec l'objectif de nous faire connaître, explique la viticultrice. J’ai rencontré essentiellement des cavistes intéressés. Mais, j’ai pris conscience qu’un tel salon demande une réelle préparation en amont pour générer de la fréquentation sur le stand. »
Un marché sous tension
Pour Jeanne Fabre, représentant la 16ème génération du groupe viticole audois Famille Fabre (80 ha, cinq domaines dans l’Aude et l’Hérault), « le salon est incontournable pour présenter nos nouveaux millésimes et nous aider à écouler le million de cols que nous commercialisons chaque année en France et à l’export - Europe, États-Unis, Japon -. Aujourd’hui, nous sommes à la conquête de nouveaux marchés sur des réseaux variés, à l’instar de ces acheteurs bulgares qui se sont arrêtés sur notre stand. Notre marché est tendu mais nous ne sentons pas d’érosion de consommateurs. » Pour autant, Famille Fabre qui emploie 45 salariés poursuit ses investissements notamment en doublant ses capacités de stockage. Le catalan Maison Cazes (groupe Advini) était aussi présent. « Si le salon connaît une bonne fréquentation, nous avons eu moins de clients étrangers que d’habitude et de grosses enseignes de la grande distribution, déclare Lionel Lavail, directeur de maison Cazes, basée à Rivesaltes (2 millions de bouteilles commercialisées). On sent que notre marché est en recul. Si le bio a été pris comme un levier de croissance, ce n’est plus le cas. Comme le conventionnel, le vin bio ne se vend pas seul mais le marché est là. Je suis plus inquiet pour nos problématiques amont liées au manque d’eau sur le territoire où nous n’affichons déjà d’importants rendements. On se demande si notre activité sera viable dans le temps. »
Un rebond depuis fin 2023
Devenu un levier commercial intéressant pour les producteurs de vins bio, le salon Millésime Bio répond toujours à leurs attentes même si les metteurs en marché déplorent « des difficultés depuis deux ans pour payer l’effort des viticulteurs ». Le négociant montpelliérain Jacques Frelin Vignobles, participant de la première heure à ce salon, « Millésime Bio est le salon de l’année où l’on voit nos clients – cavistes, réseau de distribution bio, CHR - et nos fournisseurs, indique Carole Frelin, responsable commerciale France. Cette année notre présence est importante au regard du contexte. Tous les acteurs du bio se serrent les coudes. Toutefois, nous sentons un rebond depuis le 4e trimestre 2023. Si les consommateurs achètent moins mais mieux, on sait qu’au-delà de 10 € les vins ne se vendent plus. » Le négociant commercialise 2,5 millions de bouteilles par an.
350 rendez-vous d'affaires
Adossée au salon Millésime Bio, une convention d'affaires des vins bio était organisée par l’agence de développement économique Ad’Occ. « Nous avons sélectionné 42 acheteurs issus de 17 pays pour participer en présentiel à la convention d’affaires. Ce sont 82 producteurs, exposants au salon, qui ont participé à cette convention où 350 rendez-vous ont été concrétisés », précise Catherine Machabert, responsable Marché viticulture chez Ad’Occ. Parmi les importateurs, il y avait Wine Curation (Groupe Kirin Holding, Japon). « Le Japon reste le 1er marché asiatique de la région pour les vins bio. Nous constatons par ailleurs, que le marché scandinave se développe avec des attentes fortes sur le packaging éco-conçu. Le marché export reste une porte de sortie pour commercialiser les volumes de vins bio produits en Occitanie », note-t-elle. Parmi les importateurs étrangers présents : Tianjin Outongsheng Trading Co., Ltd (Chine), Shandong Feizhuo Brand Management Co., Ltd (Chine), Wine Circle (États-Unis) ou encore Delta Wines (Pays-Bas).
L’édition 2024 de Millésime Bio s’est renouvelée en proposant notamment un espace commun pour les alcools bio, un espace oenothèque animé par les étudiants du lycée Agropolis de Montpellier pour les vins en biodynamie, le vrac, les pétillants et autres alcools et cocktails.











