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Aéronautique et spatial / Tourisme - Loisirs
| 12/07/2021

Le plan d'Edeis pour faire décoller l’aéroport Nîmes-Garons

Reconduit pour sept ans à la gestion et l’exploitation de l’aéroport Nîmes-Garons, l’opérateur Edeis* s’est fixé pour objectif de passer de 230 000 passagers par an (en 2019) à 400 000 à horizon 2028, date de fin de sa nouvelle délégation. Pour y parvenir, Edeis doit jouer la carte de l’innovation et de la proximité, estime son vice-président, Olivier Galzi, interrogé par La Lettre M. « Il faut être un acteur innovant », estime-t-il. Et de citer l’opération de financement participatif lancé par Edeis en mai dernier pour la mise en place d’une ligne aérienne Nîmes-Paris/Le Bourget. Un format qui pourrait être dupliqué pour d’autres destinations, même si le gestionnaire indique ne pas avoir encore de recul suffisant pour se prononcer (les vols sont ouverts depuis le 2 juillet). Sur le plan de l'innovation, Edeis s’est aussi associé à VoltAero, constructeur d’avions hybrides-électriques Cassio. Dans le cadre d’un tour de France des aéroports régionaux (qui se termine à Toulouse-Francazal) exploités par Edeis, l’engin volant s’est posé sur le tarmac gardois le 10 juillet. « Si tout se passe bien, le quatre places devrait être commercialisé dès 2023, le six places à partir de 2025 et le dix places en 2026 », précise Olivier Galzi. Et ce dernier de vanter les avantages de Cassio : « Plus écologique, moins bruyant, plus souple car ces petites capacités permettent d’accroître le nombre de vols, d’horaires…, moins cher à l’achat et en termes de consommation… ». Il peut notamment convenir à un tourisme d’affaires, pour des déplacements fréquents et sur des distances assez courtes.

Acteur territorial
« Edeis peut aussi jouer le rôle de trait d’union entre Nîmes et Arles par exemple, indique Olivier Galzi. Il se passe beaucoup de choses à Arles sur le plan culturel notamment et la ville n’est qu’à une vingtaine de minutes de l’aéroport Nîmes-Garons. » Le vice-président d'Edeis explique : « La crise sanitaire a été douloureuse pour le secteur aérien, mais elle a aussi joué le rôle d’accélérateur. Je vois un retour en force des aéroports régionaux. » L’enjeu des « petits » aéroports, à l’instar de la plateforme de Nîmes-Garons, n’est pas de rapprocher les continents mais plutôt les territoires, poursuit Olivier Galzi. « Il y a 2 500 aéroports en Europe dont 42 qui trustent 90 % du trafic aérien, note-t-il. Ce sont des “hubs“. Tous les autres, plus petits, vont trouver leurs lettres de noblesse en jouant la carte du territorial et en irriguant ces ”hubs“ ». Pour Edeis, les aéroports régionaux doivent devenir « les TER des airs », résume le vice-président. En parallèle de la gestion de l’aéroport gardois, Edeis est aussi délégataire, pour le compte de la Ville de Nîmes, pour l’exploitation des Arènes, de la Maison Carré et de la Tour Magne. Une aubaine pour l’opérateur qui souhaite mettre en place des synergies entre la plateforme et les monuments romains. « Le lien entre culture et transport est logique, commente Olivier Galzi. C’est tout un écosystème territorial. D’ailleurs, nous souhaitons amener la culture dans les aéroports au travers d’événements et spectacles. Nous le faisons déjà dans d’autres sites que nous exploitons. » Edeis prévoit d'injecter 3,4 M€ pour promouvoir et développer la plateforme aéroportuaire gardoise.

* 900 salariés, treize agences au sein de la division ingénierie des infrastructures et vingt-deux sites de concession. Siège à Ivry-sur-Seine.

Stéphanie Roy / roy@lalettrem.net
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