La filière des travaux publics mise sur une croissance de 2 % en 2024
Les professionnels héraultais de la filière des travaux publics (TP) se disent optimistes en évoquant les perspectives 2024. « Nos prévisions tablent sur une croissance de 2 % de l'activité. Les collectivités locales, nos principaux clients, ont d'importants besoins. Et les maires vont augmenter leurs commandes en lançant de nouveaux projets avant la fin de leur mandat, explique Olivier Giorgiucci, président Hérault et Occitanie de la fédération des TP, le 18 janvier. Après une année 2023 qualifiée d'« honorable » malgré le recul de la croissance, en particulier dans le bâtiment, la fédération reste vigilante sur la problématique des recrutements, l'inflation ou l'allongement des délais de paiement.
La fédération des travaux public s’inquiète toutefois de la chute d’activité anticipée par le secteur du bâtiment en 2024 (jusqu’à 90 000 emplois en moins au niveau national). « La crise de la construction et du logement devrait affecter aussi une partie de l'activité des travaux publics. Quand on fait moins de logements, on fait forcément moins de voiries et de réseaux… Mais, ce ne représente pas la majorité des chantiers de nos entreprises de TP », souligne Olivier Giorgiucci. Malgré le contexte tendu, la fédération confirme que les collectivités, comme les acteurs des TP, sont engagés dans une politique de réduction des émissions carbone et d’adaptation au changement climatique. « Cela nécessite de transformer les infrastructures car c’est leur usage qui représente la moitié des émissions de carbone, explique-t-il. Il faut décarboner les mobilités, l’énergie et également protéger les ressources. Des chantiers sont déjà lancés et on a du travail pour de nombreuses années. »
Investissements, acception des travaux, règlementation, coût...
Avec les travaux de voiries, de pistes cyclables, la future ligne 5 du tramway, les futures lignes bus-tram, les réseaux de chaleurs urbains, les chantiers ne manquent pas dans la métropole de Montpellier. Maryse Faye, adjointe à l’urbanisme à la Ville confirme : « La dynamique d’investissements dans les infrastructures eest au rendez-vous. Elle donne des perspectives pour les entreprises avec ces futurs travaux. Toutefois, il nous faut travailler sur l’organisation des chantiers pour améliorer leur acception des travaux ». Frédéric Lafforgue, vice-président de la métropole en charge de la voirie et maire de Castelnau-le-Lez, évoque pour sa part la problématique liées à la réglementation, « PPRI, PLU, PLU-i, PRIF... ainsi que ceux portant sur l’adaptation de l’administration (M57, NDLR) qui génère un allongement des délais de paiement ». Enfin, du côté de l’association des maires de l’Hérault, Frédéric Roig, son président concède qu’en « cette période de mi-mandat, les maires se battent et avancent notamment dans les zones rurales rural. Il va y avoir des pics d’investissement même si cela devient de plus en compliqué de réaliser des projets, notamment en raison de la hausse des coûts. » Jean-François Soto, maire de Gignac et président de la communauté de communes de la Vallée de l'Hérault et conseiller départemental, met en avant l’intérêt des communes de mobiliser l'organisme départemental Hérault Ingénierie pour accompagner leurs opérations.« Le Département est un donneur d’ordre important avec 95 M€ affectés aux routes, sans compter les plans irrigation, le numérique ou la construction de nouveaux collège... », conclut-il. Les 150 entreprises de TP héraultaises pèsent 750 M€ de CA pour un total de 6 000 salariés











