Cyril Brun (Banque Populaire du Sud) : « Nous renforçons notre dispositif d’accompagnement des entreprises en difficulté »
Directeur général de la Banque Populaire du Sud, Cyril Brun évoque pour La Lettre M le premier bilan d’activité de la banque coopérative régionale en 2024. Un exercice marqué par l’installation d'une partie de ses équipes au sein du nouveau siège montpelliérain implanté dans la Zac Cambacérès. Entretien exclusif.
Quel premier bilan tirez-vous de l’exercice 2024 ?
Concernant le volet crédit, nous restons sur des bases très élevées malgré la conjoncture. Nous allons dépasser pour la troisième année consécutive un cap symbolique, avec plus de 1 Md€ de crédits distribués aux entreprises, ce qui est relativement disruptif sur notre marché. La Banque Populaire du Sud s’affirme de fait comme la première banque des entreprises dans son territoire. Une position confirmée au niveau national par l’étude de référence PME-PMI banque réalisée par l’institut Kantar. Nous occupons donc logiquement à nouveau cette place de leader.
Quelle est la situation sur le marché du financement de l’immobilier ?
Avec des ventes immobilières largement grippées sur le premier semestre 2024, nous allons décaisser entre 30 et 40 % de prêts immobiliers de moins en 2024 qu'en 2023. Mais le contexte semble évoluer positivement depuis l’été dernier. Toutes les semaines depuis cette période, nous constatons que les volumes décaissés sont supérieurs à ceux de l’année précédente. Le point bas du marché est donc derrière nous, selon moi. Le niveau actuel des taux d’intérêt a permis de resolvabiliser les acquéreurs. Une tendance accentuée par la baisse des prix, d’où un regain de la demande.
Quel regard portez-vous sur la conjoncture économique ?
L’accélération des défaillances d’entreprises est une réalité. Et cela est valable sur tous les segments de notre clientèle. Cette situation nous a conduit à renforcer notre dispositif d’accompagnement des entreprises en difficulté avec une équipe de 12 personnes entièrement dédiées à ce suivi. L’objectif est de ne laisser aucun de ces clients orphelins et sans solutions. Nous leur proposons par exemple des aménagements de crédit ou un accompagnement lors des procédures de redressement. De fait, notre coût du risque est mécaniquement en progression. Le BTP et l’immobilier sont les secteurs les plus concernés par ces difficultés.
Comment envisagez-vous les prochains mois dans ce dernier secteur ?
Les investisseurs qui constituaient jusqu’à ces derniers mois une part importante du marché sont encore dans l’attentisme. Ces derniers veulent être fixés sur le futur traitement fiscal des investissements locatifs. Le contenu du futur projet de loi de finances peut à ce titre constituer un élément déclencheur. Au-delà, le bout du tunnel est en vue et 2025 devrait démarrer sur des bases plus toniques. Nous anticipons donc une accélération de la distribution de crédits l’an prochain.
Le 5 novembre dernier, vous avez inauguré le nouveau site de la Banque Populaire du Sud implanté dans la Zac Cambacérès, à Montpellier. Quelle importance revêt cette opération pour votre établissement ?
Nous confirmons tout d’abord notre volonté de nous situer au plus près de nos clients, au cœur de la dynamique de l’agglomération montpelliéraine. En appui de nos 250 agences, nous sommes maintenant identifiés comme un acteur puissant dans chacune des trois grandes métropoles : Perpignan avec notre siège social, Nîmes et maintenant Montpellier. Ce nouveau site où nous occupons 2 700 m2 de bureaux comprend 300 postes de travail. Et il accueille désormais l’ensemble de nos fonctions supports. Nous sommes fiers d’être la première banque à nous y installer. Cela témoigne de l’esprit pionnier qui a toujours constitué l’ADN de la Banque Populaire depuis sa création il y a plus d’un siècle et de la confiance que nous avons dans l’attractivité de Montpellier.











