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Haute-Garonne / Tarn
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Aménagement - Urbanisme
| 5/06/2024

Autoroute A69 : le concessionnaire Atosca assure que « la moitié du budget a été dépensée »

Le chantier à Castres, en juin 2024
© Atosca

Selon Atosca, société qui a obtenu la concession de la section de l’autoroute A69 entre Verfeil et Castres, « le chantier est très avancé et la moitié du budget a été dépensée », soit plus de 230 M€ sur un total de 450 M€. « Les 44 km de tronçon à construire sont en travaux », assure Walter Guyonvarch, directeur du groupement conception et construction. Environ 200 ouvrages jalonnent le chantier ; ils serviront à rétablir les écoulements hydrauliques ou à franchir les routes. Le siège social d’Atosca est également en cours de construction à Puylaurens, où se trouvera aussi « l’exploitant qui percevra les péages et entretiendra l’autoroute ». Cet été, près de 1 200 personnes devraient être à pied d’œuvre sur ce chantier contesté.

Pas de risque supplémentaire d'inondation
Martial Gerlinger, directeur général d’Atosca, assure que « 80 % des zones de terrassement ont démarré et près de 60 % des ouvrages sont engagés ou réalisés. En un mois, le chantier a bien avancé. » Concernant une éventuelle aggravation des risques d’inondation liés à l'autoroute, il certifie que « des études hydrauliques très poussées et communes avec ASF ont été réalisées sur l’A69 et l'A680. Nous avons fait le nécessaire en termes d’ouvrages de franchissement de l’autoroute de telle sorte que la continuité hydraulique soit faite au niveau de l’ensemble des zones sensibles. »

Une participation du groupe Pierre Fabre
En février, une commission d’enquête parlementaire a été créée à l’Assemblée nationale afin de contrôler le montage juridique et financier de ce projet controversé. « Les auditions sont quasiment terminées, indique le dirigeant. Durant ces auditions, nous avons démontré qu’il n’y avait aucune opacité dans le contrat. La participation du territoire légitime a pu être expliquée. » Il fait là référence à la participation financière des Laboratoires Pierre Fabre à la construction de l’A69.  Dans un entretien accordé en mars à La Dépêche du Midi, le directeur général du groupe tarnais Éric Ducournau a finalement reconnu une participation minoritaire de 8,6 M€ dans le capital d’Atosca, aux côtés de la Chambre de commerce et d’industrie du Tarn et d’autres entreprises locales. « La commission d’enquête m’a aussi donné l’occasion d’indiquer que le photovoltaïque sur les délaissés de l’autoroute est un élément à l’étude aujourd’hui », complète Martial Gerlinger.

Des ouvrages préfabriqués
Jugé « anachronique » et « écocide » par des collectifs et associations écologistes, le projet d’A69 est aussi décrié par plus de 1 500 scientifiques, dont des auteurs du Giec. Les tensions s’accentuent depuis des mois et, face au sabotage d’engins de chantier sur le tracé des travaux par des opposants, Atosca avoue « préfabriquer la plupart des ouvrages en usine avant de les monter sur site compte tenu des conditions d’exécution difficiles ». Le concessionnaire indique mettre ses équipes et son matériel en sécurité en prévision de nouvelles manifestations d’opposition au projet prévues ce week-end.
Alors que l’autoroute doit entrer en service fin 2025, des obstacles juridiques sont en cours. Le directeur général mentionne « deux séries de recours sur le fond qui vont être prochainement jugées par le tribunal administratif » : deux recours concernant le Château de Scopont et un recours global déposé par des associations locales et nationales. Atosca fait également l’objet de trois mises en demeure.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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