Aldoria investit de nouveaux locaux à Toulouse et prépare une levée de fonds
La société toulousaine Aldoria, qui collecte et exploite des données permettant de protéger les actifs dans l’espace, prend possession de ses nouveaux locaux de 300 m2, situés non loin du site Cnes de Toulouse. « Nous sommes désormais dix salariés dans la Ville rose, pour un effectif total de 49 personnes, explique à La Lettre M Mylene Bosio, vice-présidente marketing et ventes. Il nous fallait donc disposer de locaux plus vastes, à proximité des acteurs stratégiques du spatial toulousain. » La start-up fondée en 2017, qui a levé 10 M€ en janvier 2024, prépare un nouveau tour de table en série B pour « la fin de l’année ». Aldoria a enregistré 2 M€ de chiffre d’affaires en 2024 et vise 4 M€ de CA cette année.
Devenir leader européen
Aldoria offre des services de surveillance de l’espace en fournissant des données automatisées qui doivent permettre d’éviter les collisions, mais aussi de garantir la sécurité des satellites et des opérations souveraines. « Avec la multiplication des déchets spatiaux, l’espace est un environnement encombré, constate Mylène Bosio. Nos stations d’observation sont en mesure de détecter des objets allant de 5 à 30 centimètres, en fonction des orbites. Les enjeux sont à la fois environnementaux et opérationnels. Il y a aujourd’hui une réelle prise de conscience des institutions, qu’elles soient civiles ou militaires, qui ont compris qu’il fallait protéger leurs actifs spatiaux et donc caractériser les menaces. » L’ambition de l’entreprise haut-garonnaise ? « Devenir leader de la surveillance de l’espace en Europe. »
Recrutement et déploiement de stations
L’année 2024 a été celle du recrutement pour la jeune pousse. « Nous avons plus que doublé notre effectif, explique Mylène Bosio. Nous sommes désormais 35 à Paris, dix à Toulouse – notre siège social –, trois à Austin (États-Unis), et nous sommes également représentés à Bruxelles. » L’an dernier, Aldoria a poursuivi le déploiement de ses stations d’observation. Elle en compte désormais six – trois stations multi-téléscopes et trois stations mono-téléscopes– en Australie, au Chili, au Canada, en Espagne et en France. Quatre autres stations devraient être déployées cette année. Côté développement commercial, la société a remporté l'an dernier un contrat de « plusieurs millions d’euros » avec la Commission européenne dans le cadre du programme EU SST (Space Surveillance and Tracking) et a signé un marché stratégique avec U-Space portant sur le soutien à deux missions de nanosatellites. « Cette année, nous devrions encore doubler notre chiffre d’affaires, que nous ambitionnons de porter à 4 M€, indique la dirigeante. Nous prévoyons par ailleurs de recruter une dizaine de personnes. » Si Aldoria vise dans un premier temps le marché européen, elle songe déjà à se déployer aux États-Unis – où elle est déjà présente –, au Moyen-Orient et en Asie.
L’an dernier, le tour de table financier de la start-up avait rassemblé Starquest Capital, le fonds du Conseil européen de l'innovation, Bpifrance, Expansion Ventures, SpaceFounders France et Wind Capital.











