Le déplacement de l’A9 dans l’arène publique

La première réunion publique portant sur le projet de déplacement de l’autoroute A9 au droit de Montpellier s’est déroulée lundi soir à Mauguio, en présence d’environ 300 personnes.
Daniel Fauvre, directeur adjoint de la Dreal L.-R. et Patrick Burté, chef du service Infrastructures et Transports multimodaux, ont défendu le projet : un déplacement de l’autoroute actuelle sur 11 km, au droit de Montpellier. Cette nouvelle section, sorte de « tube » sans sortie, serait affectée au trafic de transit et longerait la future LGV Nîmes-Montpellier. L’autoroute actuelle serait dédiée au trafic local. Sur une longueur de 23 km, entre Saint-Brès et Saint-Jean-de-Védas, l’autoroute actuelle serait requalifiée aux normes environnementales (protection acoustique notamment).
Etaient notamment présents Cyril Meunier, maire de Lattes et opposant historique du projet (c’est lui qui avait déposé un recours devant le conseil d’Etat en 2007), Jean-Pierre Moure, président de Montpellier Agglomération (en photo), Gilbert Pastor, maire de Castries, Yvon Bourrel, maire de Mauguio, Jean-Luc Meissonnier, maire de Baillargues, Mauricette Steinfelder, directrice de la Dreal L.-R., Gérard Maurice, président du Ceser, et les parlementaires Marie-Thérèse Bruguière (sénatrice) et Jean-Pierre Grand (député).
La Dreal L.-R. met en avant l’argument de la sécurité
Daniel Fauvre a mis en avant l’argument de la sécurité routière pour justifier ce projet, dont le coût oscille entre 500 M€ et 600 M€, à la charge d’ASF (Vinci Autoroutes). « L’autoroute A9 accueille jusqu’à 160 000 véhicules par jour en période estivale. Du fait de la croissance démographique, une hausse du trafic est attendue dans les vingt prochaines années. Entre 2005 et 2010, la section Montpellier Est/Saint-Jean-de-Védas enregistre une hausse + 23 % du nombre d’accidents. Ces accidents sont de plus en plus graves (sans communiquer le nombre de morts, NDLR). Un accident sur quatre se produit au niveau des échangeurs. »
Pour Patrick Burté, la comparaison avec la rocade de Toulouse, qui compte beaucoup plus de sorties (une tous les 1,8 km, contre un tous les 4 km à Montpellier), ne tient pas : « A Toulouse, on se trouve sur un périphérique d’agglomération. A Montpellier, nous sommes dans un couloir de passage, avec énormément de poids lourds. »
Reste que la solution proposée à la concertation serait encombrée « environ 60 jours par an », selon les services de l’Etat. Pendant cette période, « il y aurait un risque de report du trafic de transit vers le contournement urbain (A9 actuelle, NDLR) ».
Risque financier
Philippe Marzolf, vice-président de la commission nationale du débat public et garant de la concertation, a rappelé : « L’opportunité du projet, qui fait l’objet d’une DUP depuis 2007, n’est pas discutée ici. L’objet de la concertation, c’est de voir comment on peut séparer les trafics de transit et les flux locaux. »
La compatibilité du nouveau projet (élaboré par les services de Jean-Louis Borloo) avec la DUP de 2007 n’est pas acquise. « On peut imaginer aujourd’hui que la DUP de 2007 pourrait servir à porter le projet soumis à la concertation par l’Etat », avance, prudent, Daniel Fauvre (Dreal L.-R.).
Jean-Pierre Moure (Montpellier Agglomération) a indiqué que le doublement de l’autoroute A9 s’inscrit dans le schéma général de déplacements de l’autoroute A9. Il permettrait notamment de créer un périphérique autour de Montpellier (connexion de la Dem et du futur Com à l’A9 actuelle, requalifiée en boulevard urbain).
De son côté, Gérard Maurice, président du Ceser L.-R., identifie un risque d’ordre financier : « Tout l’argent prélevé sur l’ensemble du réseau ASF, et censé financer le doublement de l’A9, peut être restitué à l’Etat au 31 décembre 2012, si cet argent n’a pas commencé à être dépensé dans le cadre de ce projet de Montpellier. Compte tenu de l’état des finances publiques, c’est un risque. »
Le préfet de l’Hérault Claude Baland, qui a ouvert et clôturé la séance, a annoncé que « l’Etat prendra sa décision à l’automne ». Il a lancé quelques piques : « Depuis deux ans et demi que je suis là, beaucoup de gens se sont exprimés sur le dossier, alors qu’ils ne le connaissaient pas forcément (…) A ceux qui proposent de bloquer les poids lourds lors des forts trafics ou aux heures de pointe, je rappelle qu’il s’agit de trafic international (qui a ses contraintes de délais, NDLR). Quand il neige, on doit mobiliser la gendarmerie pour empêcher les poids lourds de rouler… »










