Le spécialiste du recyclage de déchets industriels Sovamep investit 15 M€ dans le titane
Spécialisée dans le recyclage de déchets industriels, la Sovamep investit 15 M€ pour déployer une nouvelle usine de tri et de recyclage des chutes de titane issues de l’industrie. Elle verra le jour d'ici à 2027 à Muret, au siège de l’entreprise, où travaillent 40 employés. « Nous développons une unité de dégraissage du titane, ce qui est novateur. Nous permettrons ainsi de revaloriser ce titane dans des fonderies européennes, aujourd’hui dépendantes du titane russe et chinois », explique à La Lettre M son président Vincent Delage. L’industriel aux 53 M€ de chiffre d’affaires en 2024 récupère des matières issues de déchets de fabrication de l’industrie aéronautique, de l’armement et de l’agroalimentaire.
Enjeu stratégique
Ce traitement novateur du titane représente un enjeu stratégique d’autonomie pour l’économie européenne. « En France, nous n'avons pas de mine de certains métaux pourtant indispensables à notre industrie ; recycler ce titane est essentiel », estime Vincent Delage. L'industrie aéronautique française, très consommatrice de titane, est alimentée par des fournisseurs russes jusqu'à 50 % de ses besoins, d’après des observateurs du secteur.
De nouveaux postes
Ce futur agrandissement s’accompagne d’une bonne nouvelle pour l’emploi : « Nous allons recruter à Muret », annonce le dirigeant de la Sovamep. Il s’agira de postes de laborantins (au nombre de quatre) et d’opérateurs, six à huit postes à pourvoir prochainement. En parallèle, l’entreprise poursuit son activité principale de collecte, de tri et de recyclage de métaux non ferreux (cuivre, aluminium, inox, bronze, laiton). Elle traite également des métaux précieux (or, argent, platine…) à partir de déchets de cartes électroniques notamment en partenariat avec le groupe Actia, fabricant toulousain de systèmes embarqués électroniques. Fondée en 1986, la Sovamep se fixe pour objectif d’atteindre 100 M€ de chiffre d’affaires en 2030. L’entreprise haut-garonnaise a pour concurrents de grands groupes dont Paprec, Suez et Veolia, ainsi qu’un ensemble de PME régionales.










