Hervé André-Benoit (Hurricane) : « Nous avons vu le bout du tunnel »
Impacté par la crise sanitaire, Hurricane, organisateur du Festival international des sports extrêmes (Fise) de Montpellier, retrouve l’équilibre en 2023. Le président du groupe basé à Baillargues détaille à La Lettre M sa feuille de route axée sur la montée en puissance de son activité de conception d’infrastructures, alors que se profilent les JO de Paris 2024.
Comment se porte Hurricane ?
L’année 2023 nous a permis de voir le bout du tunnel et de relancer l'activité du groupe. Avec la sortie de la crise sanitaire, l’exercice 2022 a été extrêmement compliqué. La priorité était de revenir à l’équilibre. Le Festival international des sports extrêmes (Fise) de Montpellier pèse aussi sur notre budget, avec 500 k€ de pertes enregistrées l'an passé sur cet événement. Hurricane est parvenu à compenser ce déficit lors de l’exercice écoulé grâce aux coupes du monde de BMX organisées à l’étranger, notamment en Chine avec la reprise de l'événementiel dans le pays et un événement organisé à Bazhong en octobre dernier. De fait, notre chiffre d’affaires s'élève à 13 M€ avec un effectif de 110 salariés. Notre filiale Print Event, spécialisée dans l’impression et la signalétique, réalise à elle seule 2,8 M€.
Cet équilibre financier est-il pérenne ?
Afin d'optimiser notre activité, nous avons mené une importante restructuration avec un changement de stratégie. Auparavant, Hurricane s’appuyait beaucoup sur l’événementiel via le développement des événements Fise World Series. Face aux pertes enregistrées par ces manifestations, notre volonté a consisté non pas à diminuer leur nombre, mais plutôt à les maîtriser. Hormis concernant le Fise de Montpellier, qui restera une priorité pour le groupe et pour lequel nous avons opté pour un modèle payant dès l'édition 2024 dans le but d'assurer sa pérennité. Et dans les années à venir, le groupe va orienter très fortement son développement en direction de la partie infrastructures.
Avec quels leviers ?
À travers une réorganisation du groupe. Hurricane comprend aujourd'hui la branche Hurricane Park. Elle est dédiée à la construction de modulaires bois et fer que nous développons depuis 25 ans, le pump track (piste en boucle) et les infrastructures en béton. Depuis la crise sanitaire, nous insistons beaucoup sur cette activité alors qu'auparavant, cette dernière était une annexe à la partie événementielle. Ce volet fabrication et distribution déployé à l'international est désormais primordial pour notre avenir. En 2023, cette activité a représenté 30 % du chiffre d’affaires. Et l'objectif est d'atteindre 40 % en 2024.
Qu'en est-il des autres événements ?
Nous allons continuer à pousser l’événementiel mais en qualité, non plus en quantité. Cela représente toujours la moitié de notre activité. En 2024, nous ouvrons un nouveau Fise World Series en Chine à Shanghai via un partenariat que nous sommes en train de finaliser avec West Bund. Il s'agit d'une grosse société étatique locale qui développe un quartier dans la ville en liaison avec le service des sports de cette métropole. Nous avons une structure de huit personnes sur place.
Quid des Jeux olympiques ?
Nous avons fourni le parc de BMX des Jeux olympiques de Tokyo en 2020 et sommes sur la même dynamique pour épauler de notre compétence les JO de Paris 2024. C'est un vrai sujet pour Hurricane. Via notre activité, nous essayons d'accompagner le développement des sports urbains. Les avoir sur la place de la Concorde lors des Olympiades matérialise une impulsion entamée depuis maintenant une vingtaine d’années. Il faut que le Comité international olympique (CIO) continue à croire en ces sports pour que ceux-ci soient confortés aux JO de Los Angeles 2028, puis à ceux de Brisbane en 2032.











