Grippe aviaire : les éleveurs réduisent leur production
Les producteurs de foie gras et de volaille du Sud-Ouest adoptent une stratégie inédite pour éviter une nouvelle épizootie de grippe aviaire : ils réduiront cet hiver la densité de leurs élevages. « Grâce à un travail de modélisation réalisé par l’école vétérinaire de Toulouse, nous avons établi une carte fixant par zone géographique la densité maximale pour éviter la propagation en cas d’introduction du virus dans un élevage », explique à La Lettre M Chantal Brethes, présidente de l’association Foie gras du Sud-Ouest. Dans 68 communes, des Landes surtout, mais aussi de l’ouest du Gers et du nord des Hautes-Pyrénées, les éleveurs vont même vider leurs élevages et arrêter la production entre le 15 décembre et le 15 janvier.
Une stratégie à 12 M€
Selon la filière, 500 000 canards de moins devraient ainsi être produits cette année (l’IGP Canard à foie gras du Sud-Ouest produit 9 M de canards par an), soit une perte évaluée à 12 M€. La filière, représentée par l’association Foie gras du Sud-Ouest et Airvol, l’interprofession régionale des volailles en Nouvelle-Aquitaine, demande dans ce contexte un soutien financier de l’État pour les producteurs concernés par la stratégie de prévention, mais également pour les entreprises de l’aval qui subiront par ricochet une baisse de leurs approvisionnements. « Le jeu en vaut la chandelle : n’est-il pas préférable de dépenser 12 M€ pour accompagner (les professionnels de la filière, NDLR) plutôt que de verser plus de 500 M€ par an en indemnisations ? », interrogent les deux organisations, faisant référence aux indemnisations perçues par les éleveurs suite aux dernières épizooties.
Pour rappel, depuis novembre 2021, 16 M de volailles ont été abattues en France pour lutter contre la grippe aviaire, dont plus de 500 000 dans le Gers. Si le virus semblait être éradiqué au mois de mai, deux nouveaux foyers ont été confirmés fin juillet dans la Manche et la Somme et un troisième le 17 août dans le Morbihan.










