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Haute-Garonne
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Tourisme - Loisirs
| 3/04/2020

[Covid-19] Manatour à l'arrêt mais tourné vers demain

« Notre perte d'activité ? Elle est de 100 % car tous nos sites de visite sont aujourd'hui fermés. » Ce constat est dressé par Pierre-Olivier Nau, dirigeant de Manatour. Spécialiste du tourisme de découverte économique*, le groupe - qui exploite notamment le musée aéronautique Aeroscopia de Blagnac - a fait partie des premiers acteurs touchés en région par la crise du Coronavirus. « Fin février, nous avons enregistré les premières annulations de visites de groupes, de séminaires et d'événements », indique à La Lettre M Pierre-Olivier Nau.

Conséquence : sur les 85 salariés du groupe (6,7 M€ de CA en 2018), 73 sont actuellement en chômage technique et douze en activité partielle, pour assurer des fonctions de gestion financière et administrative mais aussi traiter les réservations de groupes, « nos plannings étant rouverts à partir de début juin », précise-t-il. D'un naturel optimiste, le dirigeant fait le pari d'une forte reprise d'activité dans son secteur, « surtout à partir de septembre car, après avoir été confiné, le grand public aura envie de consommer de la culture. Sur le B to B, ce sera peut-être un peu plus long, quoique. Des entreprises vont vouloir travailler l'engagement de leurs collaborateurs et nous aurons des solutions adaptées à leur proposer, avec par exemple la possibilité d'organiser des événements dans un A380 (au sein d'Aeroscopia, NDLR) ». Ayant lui-même activé plusieurs dispositifs pour amortir les effets de la crise, il espère que le prêt garanti par l'État (PGE) saura être mobilisé par les entreprises pour que « la machine ne s'arrête pas ».

* Manatour gère les visites de quelque 25 sites tels que les chaînes d'assemblage de l'A380, le Marché d’intérêt national (Min) de Toulouse Occitanie, le siège de La Dépêche du Midi, le stade Ernest-Wallon, l'espace EDF Bazacle, la centrale nucléaire de Golfech, etc.

 

 

Des visières et des masques imprimés en 3D

En parallèle, Manatour continue de préparer l'ouverture du Roselab, le fablab de La Cité (ex-Cité des start-up) dont l'animation lui a été confiée par la Région Occitanie. « Deux de nos quatre collaborateurs dédiés à cette structure assurent, en télétravail, diverses tâches telles que la négociation de contrats ou partenariats, la préparation de l'outil de gestion, des catalogues de consommables et de formations ou du futur site web », explique Pierre-Olivier Nau.
Au niveau du matériel, « une machine est arrivée au port de Marseille, après avoir été bloquée en Chine ; elle nous sera livrée dès la fin du confinement. Une autre est basée chez eMotion Tech (fabricant toulousain d'imprimantes 3D pour l'industrie, l'enseignement et les particuliers, NDLR), avec qui nous participons en ce moment à la production de masques et de visières imprimées en 3D ». Un prototype de masque imprimé en 3D « est en cours de validation par la DGA (Direction générale de l'armement). Si nous arrivons à le certifier, nous aurons réussi de manière collaborative et durable à fournir un vrai équivalent aux masques FFP2 », estime Antoine Ruiz-Scorletti, responsable communication et commercial du Roselab. En parallèle, près de 1 400 visières imprimées en 3D ont déjà été produites à Toulouse, « dont 300 pour le personnel soignant et le reste pour des professionnels : chauffeurs routiers, caissiers, maraîchers, etc. ». Cette initiative, chapeautée par le réseau des fablabs d'Occitanie Redlab, associe aussi le collectif toulousain Makers & Co, qui assemble et distribue les visières produites chez eMotion Tech, tandis que le Roselab assure l’ensemble de la logistique et la coordination des donations. Une seconde version de visière, dite « LowTech », a également été développée pour pouvoir être réalisée facilement et avec du matériel du quotidien. « Notre objectif est de sensibiliser l’ensemble de la population à fabriquer soi-même sa propre visière, mais aussi que chacun en crée pour ceux qui ne le peuvent pas », conclut Antoine Ruiz-Scorletti.

 

Sur Toulouse le Roselab assure l’ensemble de la logistique et de la coordination des donations, eMotion Tech la production des visières imprimées en 3D
tandis que le collectif Makers&Co assemble et distribue les visières.

 

 

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
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