Ce « signal fort » envoyé à l'aéronautique par Carole Delga au lendemain de sa réélection
Plus qu'un signal, un symbole. Dès le lendemain de sa réélection à la tête de la Région Occitanie, la socialiste Carole Delga a souhaité visiter une entreprise du secteur aéronautique. Le 28 juin, celle qui a enregistré 57,77 % des voix lors du second tour des élections régionales s'est rendue dans les locaux de Blagnac du groupe Satys (2 200 salariés dont 1 000 en France, CA 2020 : 180 M€), spécialisé dans la peinture et l’étanchéité, l’ingénierie et la fabrication d’aménagements intérieurs. « Il était important pour moi de dire quelle est ma fierté d'avoir ce savoir-faire ici, à Toulouse et en Occitanie, explique l'élue. Bien entendu, notre économie doit être diverse. Mais pour moi, l'aéronautique est un secteur d'avenir. »
« Un signal très fort », estime Christophe Cador
Un discours salué par Christophe Cador, PDG de Satys, mais aussi président de l'association Tompasse, qui regroupe une vingtaine d'industriels régionaux des secteurs de l'aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués, mais aussi des représentants d'institutions régionales comme l'UIMM et la CCI. « C'est un signal très fort, dès le lendemain de votre élection, se réjouit-il. Je suis sûr que vos concurrents n'auraient pas pensé à ça... » Quelques minutes auparavant, alors que Carole Delga était accueillie devant le site industriel par une haie d'honneur et des applaudissements, le capitaine d'industrie jouait la carte de l'humour : « Nous sortons de quinze mois difficiles. Mais nous venons de vivre un mois de juin fantastique, avec les annonces d'augmentation des cadences d'Airbus, la victoire de Toulouse au rugby, et maintenant, votre réélection. C'est un strike ! »

L'enjeu de la formation
La visite de l'élue socialiste a été l'occasion d'évoquer les questions liées à l'emploi et à la formation, dans un secteur aéronautique touché de plein fouet par la crise. « Nous avons souffert, mais maintenant, nous nous réinscrivons dans l'avenir, confie Christophe Cador. Le plus gros problème, désormais, est de trouver des talents. » Un constat partagé par Grégory Mayeur, DG de Satys : « Nous remettons en marche la machine. D'ici à la fin de l'année, nous allons ré-enclencher des embauches (une cinquantaine, NDLR). Mais nous savons que ce sera compliqué d'attirer dans la filière. » Sur ce point Carole Delga, indique avoir échangé dès le soir de son élection avec le Premier ministre Jean Castex. « Je lui ai dit qu'il fallait que nous travaillions ensemble sur la question de la formation, explique-t-elle. C'est un enjeu très fort, à la fois dans des secteurs où nous devons garder les compétences et où la reprise n'est pas encore là, et dans les secteurs où la reprise est là et où nous n'avons plus la ressource humaine. Dans l'aéronautique, nous devons nous mobiliser sur les métiers, en travaillant sur l'orientation, alors que certains parents se demandent si l'avion a un avenir. Pour ma part, j'estime que l'avion est indispensable. Et nous avons dans le territoire un temps d'avance en termes de compétitivité. » Didier Katzenmayer, directeur des affaires industrielles d'Airbus, acquiesce. « Il est nécessaire d'attirer les talents dès le lycée », estime-t-il. Et Carole Delga de marteler : « L'urgence, c'est la formation. Nous devons nous mettre en mode “commando”, l'État et la Région, pour que le secteur puisse satisfaire les besoins liés à la reprise. »










