
Le président de la CCI de Nîmes, Henry Douais, tente de mobiliser les commerçants du Gard contre le projet de création d’un village des marques à Fournès, près du Pont du Gard. Porté par les groupes DTZ et Advantail, le projet, soutenu par les élus locaux concernés, a reçu un avis favorable du commissaire enquêteur dans le cadre de la modification du PLU de Fournès. Hier soir, Henry Douais a exhorté une vingtaine de commerçants gardois, présents à la CCI, à s’organiser pour lutter contre le projet, qui prévoit la création de 25 000 m2 de surface de vente, en équipement de la personne, à l’horizon 2016. Un commerçant présent a dit redouter une « razzia » sur le commerce local. Un autre a assuré que « ce projet pharaonique (était) une aberration économique ». Le président de la CCI s’est dit prêt à apporter un « soutien juridique gratuit » aux commerçants présents, s’ils décident de se fédérer contre le projet. La CCI, qui a émis un avis défavorable au projet en juin dernier, va également se rapprocher des CCI d’Alès, Avignon, Arles et Montpellier pour mener une action commune.
349 emplois créés
Selon Henry Douais, le projet, qui prévoit une fréquentation de 1,7 millions de visiteurs, la création de 349 emplois, et un CA de 62 M€, est dangereux pour le commerce local. Le projet prévoit un volet touristique, avec une « vitrine du savoir-faire régional », un « espace culturel », et l’implantation de l’Office du tourisme intercommunal du Pont du Gard. « Nous, le tourisme commercial, on n’en veut pas ! », a proclamé le président de la CCI de Nîmes. « Nous voulons du tourisme culturel, basé sur notre patrimoine romain. Pas besoin de vendre des costards et des chemises à des gens pour qu’ils fassent des dizaines de kilomètres ». La CCI envisage de lancer une étude pour mesurer l’impact précis du projet sur le commerce local. « Le promoteur annonce la destruction de 87 emplois », constate Bernard Michel, directeur du service informations économiques de la CCI. « Mais c’est très difficile de savoir combien d’emplois risquent d’être réellement détruits dans le tissu des TPE ». La CCI a dénombré 1 000 commerces en équipement traditionnel sur la partie gardoise de la zone de chalandise, « soit environ 45 000 m2 de surface de vente, et 82 établissements de plus de 300 m2, totalisant 57 643 m2 ». Présent lors de cette réunion, le directeur de la Banque de France dans le Gard, Nicolas Resseguier, a estimé que les commerces du centre-ville seraient moins touchés que les commerces de périphérie par la concurrence du village des marques. « Allez vous promener à Troyes, et voyez l’état du centre-ville », a rétorqué Jean-Michel Testard, élu de la chambre de commerce.