Vague de levées de fonds à Toulouse
Alors que la crise paralyse toujours une grande partie du tissu économique toulousain, certains signaux faibles semblent indiquer qu'une forme de reprise est actuellement à l'oeuvre, au moins sur le front du financement. Ainsi, après les 4,95 M€ levés au cours du premier trimestre par les start-up de la French Tech locale d'après le “Toulouse Tech Index”, c'est au tour d'EasyMile, fournisseur toulousain de solutions innovantes pour véhicules autonomes, de boucler un tour de 55 M€. Une opération qui permet à Searchlight Capital Partners (qui a également investi en 2020 chez Latécoère), McWin et NextStage d’entrer au capital de la société créée en 2014. « Tous les investisseurs historiques d’EasyMile », notamment Alstom (qui avait investi 14 M€ en 2017), Bpifrance (6,5 M€ investis en 2018) et Continental, ont également participé à l'opération. « Cette nouvelle levée de fonds marque la phase de croissance du plan de développement du fournisseur de technologie. Elle lui permettra de faire évoluer ses solutions sur le plan commercial et facilitera l’aboutissement de sa roadmap produits et technologique, tout en accélérant son expansion internationale et son service client », précise EasyMile. Depuis le début de l’année, l’entreprise a en effet multiplié les projets : elle a démarré de nouvelles expérimentations avec Stellantis, SNCF et l'Oncopole de Toulouse, a fait son arrivée sur le marché sud-coréen et a ouvert douze postes en R&D. EasyMile, qui se revendique leader dans ses deux principaux secteurs de croissance que sont le transport de marchandises et le transport de passagers, affirme représenter 60 % du marché mondial des navettes autonomes, avec « plus de 180 véhicules commercialisés dans plus de trente pays ». Présidée par son fondateur Gilbert Gagnaire, la société compte environ 150 salariés et a plus que doublé son chiffre d’affaires entre 2017 (7,1 M€) et 2019 (14,7 M€).
D'autres opérations bouclées
Mais si l'enveloppe levée est ici particulièrement importante, EasyMile n'est pas un cas isolé. D'autres entreprises toulousaines sont parvenues ces derniers jours, malgré le contexte, à boucler de stratégiques opérations de financements. A l'image de la start-up Hycco (effectif : 9), spécialisée dans les matériaux composites pour les piles à combustibles, qui a levé 1,6 M€ auprès de la communauté d'investisseurs de Wiseed et d'Ocseed, fonds de la Région Occitanie, avec le soutien de Bpifrance. Son objectif ? Déployer une ligne de production pilote de plaques bipolaires, l'un des composants clés de de l'industrie hydrogène. Autre opération récente, celle de la start-up Kyanos Biotechnologies (effectif : 5), qui a bouclé un tour de table de 2,6 M€ destiné à « augmenter la production et accélérer l’industrialisation de ses micro-algues », destinées au marché agroalimentaire. Une levée de fonds financée par Zsolt Popsé, Régis Nouaille, le Programme d’investissements d’avenir opéré par l’Ademe, le French Tech Bridge de Bpifrance et le Pass Rebond Occitanie.
