la lettre M

Région Occitanie
|
Transports - Logistique
| 4/05/2021

Les projets de LGV (enfin) sur les rails

Répondant à la mobilisation des élus d’Occitanie, le Premier ministre Jean Castex engage l’État sur les deux projets régionaux de ligne à grande vitesse (LGV) - Montpellier-Perpignan (LNMP, 150 km, 5,5 Md€) et Toulouse-Bordeaux du Grand Projet ferroviaire du Sud-Ouest (GPSO - 222 km, 7 Md€). En officialisant des délais et des financements, une étape décisive est franchie dans l’avancement de ces infrastructures ferroviaires. Le chef du gouvernement confirme « l’accélération » de la première phase de la LNMP avec le tronçon Montpellier-Béziers (52 km de ligne mixte voyageurs et fret, 1,85 Md€) à l’horizon 2030. D'ici à fin 2021, l'enquête publique sera lancée. La déclaration d'utilité publique, prévue pour 2022, permettra de finaliser le projet (caractéristiques techniques, intégration paysagère et environnementale, mesures compensatoires, calendrier des travaux...).

Montage financier
« Attendue depuis 2018, cette enquête publique est déterminante pour le calendrier du projet », souligne Carole Delga, présidente de Région. « Cette annonce est importante car cette LGV, qui emporte l’unanimité de tous les acteurs et les financeurs, est dans les cartons depuis les années 90 », ajoute Robert Ménard, maire et président de l’agglomération de Béziers. Dans son courrier, le Premier ministre confirme également la clé de financement des infrastructures ferroviaires. « Elle sera identique aux projets Marseille-Nice et Bordeaux-Toulouse : à savoir 40 % de État, 40 % des collectivités locales, 20 % des fonds européens, note Carole Delga. Jean Castex engage la responsabilité de l'État sur 3,2 Md€ sur l'ensemble du projet LNMP, dont 1 Md€ sur la seule partie Montpellier-Béziers. »
L’enjeu de la LNMP est de finaliser le corridor méditerranéen entre la France et l’Espagne, et, au niveau régional, d'accroître les trains du quotidien grâce à des sillons supplémentaires pour le TER. « J’avais alerté Elisabeth Borne (ex-ministre des Transports, NDLR) que c’était unique de voir une liaison inter-européenne interrompue par l’absence d’un tronçon de 150 km », commente Philippe Vidal, vice-président du Département de l’Hérault. Les résultats de la concertation publique - que vient de dévoiler SNCF Réseau - attestent d'une phase 1 « globalement acceptée » mais d'une phase 2 devant relier Béziers à Perpignan (ligne voyageurs) à l’horizon 2040 encore source de contestations. « Le contournement Plaine du Roussillon (ligne mixte, 20 km) prévu dans la phase 2 va impacter six communes, dont Le Soler, et risque d’alimenter Barcelone plutôt que Perpignan », s’inquiète Armelle Revel-Fourcade, maire du Soler favorable à la LNMP.

Étape décisive pour le GPSO
Dans son courrier, Jean Castex officialise aussi à la Métropole de Toulouse une participation de l’État de 4,1 Md€ pour la ligne Bordeaux–Toulouse et la création d’une société de projet qui associera les Régions Nouvelle-Aquitaine et Occitanie et les Métropoles de Toulouse et de Bordeaux pour porter cette opération. Le chantier de cette ligne pourrait être lancé courant 2024 pour une mise en service espérée en 2030.

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie