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Région Occitanie
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Conjoncture
| 7/02/2023

Résilience en 2022, ralentissement en 2023 : l'économie régionale en demi-teinte

En 2022, le chiffre d’affaires de l’industrie régionale a augmenté de 8,4 % sur un an, de 12,4 % dans les services marchands et de 1,8 % dans le BTP. Pour 2023, de nouvelles hausses sont anticipées, respectivement de 7 %, 6,4 % et 5,6 %, révèle l’enquête régionale de la Banque de France réalisée auprès de 1960 entreprises*. À part dans le secteur industriel (+ 8,6 %), les investissements – touchés par des problèmes d’approvisionnement - ont reculé : - 2,4 % dans les services marchands (mais + 74,7 % prévus en 2023), - 22,5 % dans le BTP (et - 10 % en 2023). « Résilience en 2022, ralentissement en 2023, reprise en 2024 » : c’est ainsi que Stéphane Latouche, directeur régional Occitanie de la Banque de France, résume ce bilan.

En Occitanie comme en France, le directeur régional alerte sur trois signaux inquiétants : la dégradation des carnets de commandes dans l’industrie et le BTP, les trésoreries qui gardent certes un solde positif, mais qui « ont le niveau le plus bas enregistré depuis 15 ans » dans l’industrie, et l’augmentation des stocks dans ce dernier secteur. « Or, on sait que lorsque les stocks sont hauts, les entreprises risquent de ralentir leur production », commente Stéphane Latouche. Deux autres éléments sont selon lui à surveiller : les problématiques d’approvisionnement, qui semblent toutefois se tasser, et les difficultés de recrutement, qui concernent toujours plus d’une entreprise sur deux.

Industrie
Dans l’industrie, la hausse du chiffre d’affaires (+ 8,4 %, légèrement au-dessus des prévisions) est notamment portée par le secteur des matériels de transport (aéronautique) qui voit son CA augmenter de 9,3 % et par les « autres produits » (+ 11,1 %), en particulier la métallurgie, la chimie et le textile de luxe. L'investissement dans l'industrie -  qui représente 70 % de l’investissement régional - est en hausse (+ 8,9 %). Il est toutefois moins dynamique que les prévisions l’anticipaient mi-2022 (+ 28 %). Parmi les explications de cette contreperformance, les chiffres inquiétants de l’industrie agroalimentaire : les investissements y ont diminué de 11,5 % sur un an, et un nouveau recul de 1,3 % est prévu pour 2023. Le secteur des matériels de transport, qui représente 27 % des investissements du secteur industriel, voit quant à lui ses investissements augmenter de 30,6 % en 2022 tandis qu’une nouvelle hausse de 32,8 % est attendue en 2023, portée par la montée en cadence de l’aéronautique.

Services marchands
Dans les services marchands, le secteur de l’hébergement enregistre un chiffre d’affaires en hausse de 39,1 %, porté par la reprise du tourisme régional. Le secteur des transports, qui représente 50 % du CA régional des services marchands, est également sur une bonne dynamique, avec un CA en hausse de 9,2 %, au-dessus des 7 % envisagés mi-2022. Une nouvelle hausse de 4,1 % est attendue pour 2023. Les transports sont toutefois handicapés par de grosses difficultés de recrutements : les effectifs ont reculé de 0,2 % en 2022 alors qu’une hausse de 1,2 % était espérée. L’ingénierie et de l’informatique sont également fortement touchés par la pénurie de main d’œuvre : dans l’ingénierie, les effectifs n’ont augmenté que de 4,9 % quand la hausse était prévue mi 2022 à 10 % ; dans l’informatique, la hausse s’est limitée à 5,3 % contre 11 % anticipés.

BTP
« Dans le BTP, la production totale, en hausse de 1,8 % est finalement négative au regard de l’inflation », commente Stéphane Latouche. 2023 s’annonce encore difficile pour le secteur. Si la production est prévue en hausse de 5,6 % en 2023, il faudra là encore la confronter à une inflation dont le pic devrait avoir lieu au premier semestre. Dans les travaux public, la production devrait même reculer de 1,2 %. « Les témoignages qui nous remontent laissent penser que confrontées à une hausse des dépenses, les collectivités pourraient arbitrer sur la commande publique », indique le directeur régional. Et d’ajouter : « La filière du BTP a consommé du carnet de commandes dans un contexte qui conjugue tensions sur l’offre et sur la demande ». La filière peine à recruter, en particulier dans le gros oeuvre avec des effectifs en recul de 4,4 % quand une stabilité était espérée.

* issues de l’industrie (63 %), des services (33) et du BTP (36 %)

 

 

 

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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