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Aude
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BTP
| 12/04/2012

Prix bas et main-d’œuvre étrangère nuisent aux entreprises locales


Les présidents des fédérations du bâtiment de l’Aude et des P.-O. souhaitent sensibiliser les maîtres d’ouvrage et les maîtres d’œuvre aux risques encourus par les entreprises et la main d’œuvre locale, face aux pratiques selon eux abusives qui s’opèrent sur les chantiers depuis ces trois dernières années.
« Les chantiers sont réalisés par une main-d’œuvre issue d’entreprises étrangères, dont certaines détournent la loi du détachement de salariés dont les rémunérations sont 5 à 10 fois inférieures aux nôtres. Cela se fait au détriment de nos salariés qui sont soumis à des règles différentes, déclare André Tiquet, président de la fédération de l’Aude. Depuis 3 ans, nous avons perdu 10 % de nos effectifs salariés aussi bien dans l’Aude que dans les P.-O. »

Sous-traitance en cascade

L'Aude compte 6500 salariés du BTP et les P.-O. 9 000. Selon Eurostat, le salaire minimum polonais est de 336,47 € et le roumain de 161,91€ contre 1398,37 € en France. Sur leur territoire, les présidents dénombrent des opérations réalisées dans des conditions de sous-traitance en cascade. « Les entreprises reçoivent quotidiennement des propositions d’agences d’intérim polonaises pour des prestations à des tarifs horaires imbattables ou encore à la tâche », souligne André Tiquet. Jean-Jacques Planes, son homologue des P.-O., ajoute : « moi aussi, je les reçois, je résiste mais jusqu’à quand ? »
Profitant de la période électorale, ils vont interpeller, le 15 mai à l’IUT de droit de Narbonne, les candidats aux élections présidentielles et législatives sur ces pratiques abusives et l’intérêt de faire travailler des entreprises locales. Quelques arguments en avant-première : « Recourir à de la main d’œuvre étrangère induit aussi d’importantes évasions fiscales et sociales qui creusent les déficits budgétaires ; un salarié du BTP produit environ 100 000 € de chiffre d’affaires. Un investissement de 100 000 € permet de sauvegarder ou de créer un emploi

Course à la rentabilité

« Depuis trois ans, la crise économique fait que les entreprises, notamment les entreprises générales du bâtiment, trouvent des solutions performantes et rentables pour remplir leur carnet de commandes, explique Jean-Jacques Planes. Sans stigmatiser les entreprises qui utilisent ces méthodes car le maître d’ouvrage cherche souvent à baisser le coût des chantiers, il faut trouver des solutions pour préserver nos emplois et nos entreprises. »
Les entreprises qui utilisent cette forme de main-d’œuvre low cost sont souvent, selon les présidents, des petites entreprises de trois à quatre salariés, qui ne sont pas structurées et sans réelles capacités financières.
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