Prix bas et main-d’œuvre étrangère nuisent aux entreprises locales

Sous-traitance en cascade
L'Aude compte 6500 salariés du BTP et les P.-O. 9 000. Selon Eurostat, le salaire minimum polonais est de 336,47 € et le roumain de 161,91€ contre 1398,37 € en France. Sur leur territoire, les présidents dénombrent des opérations réalisées dans des conditions de sous-traitance en cascade. « Les entreprises reçoivent quotidiennement des propositions d’agences d’intérim polonaises pour des prestations à des tarifs horaires imbattables ou encore à la tâche », souligne André Tiquet. Jean-Jacques Planes, son homologue des P.-O., ajoute : « moi aussi, je les reçois, je résiste mais jusqu’à quand ? »
Profitant de la période électorale, ils vont interpeller, le 15 mai à l’IUT de droit de Narbonne, les candidats aux élections présidentielles et législatives sur ces pratiques abusives et l’intérêt de faire travailler des entreprises locales. Quelques arguments en avant-première : « Recourir à de la main d’œuvre étrangère induit aussi d’importantes évasions fiscales et sociales qui creusent les déficits budgétaires ; un salarié du BTP produit environ 100 000 € de chiffre d’affaires. Un investissement de 100 000 € permet de sauvegarder ou de créer un emploi.»
« Depuis trois ans, la crise économique fait que les entreprises, notamment les entreprises générales du bâtiment, trouvent des solutions performantes et rentables pour remplir leur carnet de commandes, explique Jean-Jacques Planes. Sans stigmatiser les entreprises qui utilisent ces méthodes car le maître d’ouvrage cherche souvent à baisser le coût des chantiers, il faut trouver des solutions pour préserver nos emplois et nos entreprises. »
Les entreprises qui utilisent cette forme de main-d’œuvre low cost sont souvent, selon les présidents, des petites entreprises de trois à quatre salariés, qui ne sont pas structurées et sans réelles capacités financières.










