Pourquoi Pierre Fabre investit 4,5 M€ sur son site de Gaillac
Le groupe pharmaceutique castrais Pierre Fabre (CA 2020 : 2,3 Mds €, 11 000 salariés) investit 4,5 M€ dans la relocalisation d’une partie de sa production de principes actifs anti-cancéreux (encorafenib et binimetinib) à Gaillac (81). Deux produits jusqu'alors fabriqués en Allemagne. À Gaillac, site spécialisé dans le développement et la production d’ingrédients actifs pour la pharmacie et la dermo-cosmétique (17 ha, 205 salariés), 1,4 M€ de l’investissement total - soutenu par le plan France relance - seront consacrés au binimetinib. Objectif : développer une nouvelle technologie afin de produire des actifs à des températures très basses (-100°C)Le projet comprend également la construction d’une chaîne logistique amont avec de nouveaux acteurs européens destinée à fournir les composants critiques indispensables à la production de ces deux actifs. L’internalisation de la production de ces actifs permettra selon le directeur du site, Frédéric Mayrand, de « bénéficier d’ une logistique complètement indépendante et robuste. Aujourd’hui, le groupe achète une partie de ses actifs à des partenaires et il a décidé d’internaliser la production de deux de ses actifs sur le site de Gaillac pour sécuriser la chaine d’approvisionnement car ce sont des anticancéreux d’intérêts thérapeutiques majeurs pour lesquels nous ne pouvons pas nous permettre de rupture d’approvisionnement. Nous allons contribuer à améliorer la balance du commerce extérieur car la production se fera en France pour une commercialisation dans le monde entier. »
Un investissement total de 13,5 M €
Deux autres projets font l’objet d’investissement sur ce même site : le développement d’un nouveau filtre solaire innovant à spectre plus large sans danger pour la biodiversité, issu de deux ans de R&D effectuée aux seins des laboratoires gaillacois. « Nous avons réalisé un investissement entre 2019 et 2020 d’un peu plus de 4 M € et lancé les premières productions commerciales pour cet été », ajoute le dirigeant. Cette technologie brevetée sera étendue à tous les solaires (marque Avène) du groupe afin de multiplier la production par 10 d’ici deux ans (environ 100 t). Enfin, le groupe consacre 4,8 M € à la fabrication d'un actif dermo-cosmétique conçu à partir de la microflore de l'eau thermale d'Avène. Pour pouvoir le commercialiser à l’automne 2022, des travaux de réaménagement d’un des bâtiments sont en cours sur le site où sera implanté une nouvelle ligne de fabrication. Ce projet doit permettre au groupe de conforter son axe de développement biotechnologie. « C’est à travers ce type de savoir faire technologique que la France pourra continuer à être plus compétitive », estime encore Frédéric Mayrand. Ces trois projets d'un investissement total de 13,5 M€ représentent à eux seuls 30 % de l’activité du site où sont employés 205 salariés.










