Fil infos

Hérault
| | 21/07/2016

Pourquoi Medtech est racheté par l'Américain Zimmer

Une grosse actu au creux de l'été. L’Américain Zimmer Biomet Holding, leader mondial dans le domaine de la musculosquelettique, acquiert 58,7 % du capital de Medtech (robots chirurgicaux), cotée en bourse (NYSE Euronext Paris) depuis novembre 2013. Ce rachat se fait auprès de Bertin Nahum, fondateur de Medtech (créée en 2002), de Newfund et d'autres actionnaires. Le site Medtech de Montpellier est maintenu pour accueillir le centre d’excellence des activités robotiques de Zimmer, centre qui sera supervisé par Bertin Nahum. Medtech emploie 70 salariés, dont 44 en France, et affiche en 2015/2016 un CA de 11,3 M€ (+ 73 %). La cession se fera à 100 %, à travers une OPA qui sera lancée dans les prochains jours. « Il y a une complémentarité entre notre savoir-faire technologique, et la présence de feu de Zimmer (17 000 salariés à travers 25 pays) sur nos marchés, notamment aux États-Unis », explique Bertin Nahum.
Faut-il regretter que des pépites françaises soient rachetées en série ? « Tout dépend si on raisonne en termes de pérennité d’emplois, et de développement, ou de fanion tricolore flottant sur une société, répond Bertin Nahum, pointant l'enjeu de la capitalisation des entreprises innovantes. Jamais Zimmer n’aurait implanté une de ses branches à Montpellier sans Medtech. Ça fait 14 ans que je me bats. J’ai été relativement seul. Un nombre limité d’investisseurs se sont intéressés à Medtech, et y ont mis des sommes modestes. Quand je vois les challenges qui se présentent à nous, ils ne peuvent être surmontés qu’avec plus de capital. La société aurait donc de toutes les façons changé de nationalité, à travers des levées auprès de fonds étrangers. Il y a, en France, trop peu d’investissements pour accompagner, soutenir, et croire aux sociétés françaises. Je ne peux pas rivaliser éternellement avec mon Opinel. » Christine Fabresse, présidente du directoire de la Caisse d'Épargne LR, admet que « les moyens d’actions des fonds américains sont énormes, avec des tickets d'entrée à plus de 200 M$ sur des jeunes pousses. La France doit se poser la question de soutenir les entreprises innovantes en création, pour lesquelles les phases de R&D sont longues et coûteuses. Le principe de précaution nous nuit. On doit davantage accepter le principe de perdre de l’argent. Malgré les structures de capital investissement, malgré les groupes de chefs d’entreprises, les business angels, etc..., les tickets que l’on met à disposition de nos créateurs d’entreprises qui font de la R&D sont trop faibles par rapport à leurs besoins ». La dirigeante prône une réflexion nationale avec la BEI, les gouvernants, la CDC, les banques et Bpifrance. Bertin Nahum, 46 ans, est membre du conseil national du numérique. Fin 2012, la revue canadienne ‘Discovery Series’ l’avait classé 4e entrepreneur high tech le plus révolutionnaire au monde derrière Steve Jobs, Mark Zuckerberg et James Cameron, une distinction qui l’avait propulsé sur le devant de la scène.

Hubert Vialatte
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie