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| 17/03/2026

Pierre-Olivier Nau (Medef Haute-Garonne) : « En cas de victoire, LFI ferait de Toulouse un laboratoire de la décroissance »

© Alain le Coz

L’annonce de l’alliance, en vue du second tour des élections municipales toulousaines, entre l’Insoumis François Piquemal et le socialiste François Briançon, a été vécue comme un coup de tonnerre pour Pierre-Olivier Nau, président du Medef Haute-Garonne. Pour l’élu patronal, interrogé par La Lettre M, voir LFI gagner le Capitole serait « un coup dur pour les entreprises ». Interview exclusive.

Quelle a été votre réaction après l’annonce des résultats du premier tour à Toulouse dimanche dernier, puis après l’annonce de la fusion des listes de l'Insoumis François Piquemal et du socialiste François Briançon ?
Tout d’abord, dimanche, j’ai été très surpris de la place de LFI dans les résultats (tandis que le maire sortant Jean-Luc Moudenc (DVD) est arrivé en tête du premier tour avec 37,23 % des suffrages exprimés, François Piquemal a obtenu 27,56 % des voix, contre 24,99 % pour François Briançon, NDLR). Puis, lundi matin, j’ai été choqué par la décision prise par François Briançon, qui est lui-même chef d’entreprise, de se rapprocher de François Piquemal (en cas de victoire, François Briançon deviendrait président de Toulouse Métropole et François Piquemal maire de Toulouse, NDLR).

Que craignez-vous, en cas de victoire de François Piquemal ?
Très concrètement, je ne sais pas comment se joueraient un certain nombre de décisions stratégiques pour le développement du territoire. Je pense notamment à la LGV Bordeaux-Toulouse, à laquelle LFI est opposée, tandis que le PS y est favorable. Pour moi, l’État va sauter sur l’occasion et retirer son financement… Je pense également à la question du logement. La liste PS voulait construire davantage de logements afin d’accueillir les nouveaux habitants. LFI mise plutôt sur la rénovation. Donc que va-t-il se passer ? Enfin, des désaccords existent aussi au sujet de la fiscalité : tandis que le PS est plutôt engagé dans une stabilité fiscale, LFI porte un programme coûteux, qui va l'amener à faire les poches des entreprises.

Vous pensez qu’avoir un maire LFI à Toulouse serait incompatible avec le développement économique du territoire ?
Écoutez, je ne veux pas faire le coup des chars soviétiques sur les Champs Élysées, mais lorsque j’entends Manon Aubry (députée européenne LFI, NDLR) dire qu’elle veut faire les poches des riches, je suis inquiet. Je rappelle que lors d'un meeting organisé dans la Ville rose il y a quelques années, Jean-Luc Mélenchon avait traité les patrons de « parasites ». En cas de victoire, LFI ferait de Toulouse un laboratoire de la décroissance ; ce serait une vitrine pour Jean-Luc Mélenchon. François Briançon pense qu’il aura le champ libre à la tête de la Métropole (qui dispose des prérogatives économiques, NDLR), mais je n'y crois pas. François Piquemal au Capitole, ce serait un coup dur pour les entreprises. Je me mets à la place d’un investisseur étranger des secteurs de l’aéronautique, du spatial ou de la santé, par exemple… Dans ces conditions, il ne choisira pas de s’implanter et d'investir à Toulouse. Il y aura clairement un effet repoussoir.

Quel message portez-vous, à quelques jours du second tour ?
Je veux dire aux chefs d’entreprise, mais aussi aux salariés, qu’il faut éviter que LFI arrive au pouvoir et qu’il faut donc pour cela voter Jean-Luc Moudenc. Je précise que mon message aurait été le même si le RN était arrivé au second tour. Il ne faut pas que les modérés démissionnent, car les extrêmes sont mauvaises pour notre économie.

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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