Petit déj de La Lettre M : le train de la formation est en marche
Région dynamique mais taux de chômage élevé, tel est le constat porté sur la région LRMP et soumis à l’analyse des participants au petit déjeuner de La Lettre M ce mardi 12 avril au Gazette Café à Montpellier. Les chiffres de Pôle emploi sont éloquents : entre 2008 et 2015, le chômage a augmenté de 88 % en région, et même + 188 % pour les plus de 50 ans. 42 % des demandeurs d’emploi sont inscrits depuis plus d’1 an et 24 % depuis plus de deux ans. « Nous avons mis en place des services en ligne pour les demandeurs d’emploi les plus autonomes afin de concentrer les efforts sur les publics en difficulté », témoigne Serge Lemaître, directeur régional de Pôle emploi. Résultat, en 2015, 350 000 demandeurs d’emploi ont trouvé un emploi. « C’est très important », insiste le directeur régional. Le nombre de créations d’emploi, en hausse de 9 % par rapport à 2014, représente plus de 10 000 postes, ce qui place la région LRMP en 3e position au niveau français. « L’emploi en région est fortement marqué par son activité saisonnière qui représente plus de 50 % des intentions d’embauche, dans le tourisme ou l’agriculture. » Mais parallèlement, pour le directeur régional, c’est bien le manque de mobilité, aussi bien géographique que professionnelle, qui handicape les demandeurs d’emploi de la région.
3 millions de formation commandées
On se tourne alors vers ce grand programme de soutien à la formation des demandeurs d’emploi lancé il y a quelques mois au niveau national. « 30 000 personnes de plus seront formées en 2016 dans le cadre du plan 500 000 », confirme Marie-Thérèse Mercier, conseillère régionale. L’enveloppe dédiée à ce programme : 90 M€. « L’Etat et la Région parlent d’une seule voix. Notre volonté est que la mise en œuvre soit rapide. Dès la semaine prochaine, 3 M de formation vont être commandées, sur des programmes qualifiants et courts. » Les métiers qui seront concernés ont été déterminés après un scan de chaque bassin d’emploi, selon le directeur régional de Pôle emploi. « Nous avons trois critères : métiers en tension, recrutements en nombre et formation sur lesquelles il y a plus de 50 % de retour à l’emploi. Il fallait qu’au moins deux critères soient satisfaits ». Des formation dans tous les secteurs d’activité vont être ouvertes : services, hôtellerie-restauration, industrie, etc.
Schéma directeur à l'automne
La conseillère régionale Marie-Thérèse Mercier annonce que le schéma directeur de la formation professionnelle et de l’emploi va être mis en place dans l’année, comme cela est exigé par la loi, tout comme le schéma directeur de développement économique ainsi que celui sur l’enseignement supérieur et l’innovation. « Pour la première fois, les schémas économique et de la formation professionnelle vont être déclinés en même temps pour qu’il y ait une cohérence, dans un seul et même appel d’offres. Les concertations vont être lancées dès maintenant pour une première présentation an juillet et un document final lors de la conférence régionale de l’automne ».
Former aux futurs métiers
Alors que Pôle emploi et la Région se concentrent sur les besoins urgents des territoires de la région, « nous ne formons pas des jeunes pour un territoire, ni pour une entreprise, ni pour l’instant présent », résume Didier Jourdan, le directeur de Montpellier Business School. « Nos enseignements préparent à tous les métiers et à absorber les évolutions du monde. Outre les fondamentaux, la transition digitale concerne tous les secteurs. C’est un enjeu majeur. Nous réformons sans cesse les formations existantes. Concernant le Master Grande école, au bout de 4 ans d'études, un peu plus de 50 % de son programme aura été changé. » Montpellier Business School compte 3 000 étudiants. « 900 sont en alternance. La professionnalisation est l’élément clé. Nous sommes la première école de management sur ce segment. L’alternance est aussi essentielle à la mobilité ascendante. » Mais le directeur de MBS ne veut pas que la vision de son école soit réduite à de la formation initiale : « l’un de nos enjeux est d’être reconnus comme des acteurs de la formation professionnelle. Malheureusement on a peu le réflexe en France d’aller sonner à la Business school pour former ses salariés, ou se former en tant que dirigeant. »










