Fil infos

Pyrénées-Orientales
|
Finances
| 25/01/2010

Perpignan : 163 entreprises ont saisi le médiateur du crédit à Perpignan

Le médiateur national du crédit, Gérard Rameix a rencontré ce lundi 25 janvier les services de l’Etat et les réseaux socio-professionnels du département des P.-O. à la préfecture, avant de participer à une conférence à la CCI de Perpignan. L’objet de ce type de rencontres, qui a lieu dans tous les départements (il sera demain à Carcassonne), est de faire le point avec sur la bonne intégration du dispositif de médiation du crédit, qui vient en aide aux entreprises rencontrant des difficultés de trésorerie ou d’accès au crédit auprès des banques.

17 M€ d’encours de crédits traités en médiation sur les P.-O.

163 entreprises, majoritairement des TPE et des PME, ont saisi le médiateur du crédit (au 17/01), soit moins de 1 % des dossiers présentés au niveau national (41 % dans les services, 25 % dans le commerce, 18 % dans le BTP, 9 % dans l’industrie). 60 % des dossiers ont obtenu un avis favorable du médiateur du crédit (64 % au national). Près de 17 M€ d’encours de crédit ont été traités en médiation depuis le lancement du dispositif, il y a 14 mois. « Ce dispositif a permis la création de 3 M€ de crédit supplémentaires qui n’auraient, sans doute, pas été accordés » ajoute Jean-François Delage, le préfet des P.-O.. Au total ce sont 659 emplois qui ont été préservés. « Les deux tiers des dossiers concernent des montants inférieurs à 50 000 € et un sur cinq inférieur à 10 000 € » rappelle Laurent Mary, le directeur de la Banque de France et médiateur du crédit pour les P.-O. Selon Gérard Rameix, « les banques changent d’avis dans les deux tiers des cas ».

Un dispositif méconnu des petites entreprises

Gérard Rameix a rappelé que « la médiation du crédit est faite pour les TPE et les PME. Elle n’exclut pas non plus les entreprises agricoles ». Sept dossiers d’entreprises agricoles ont d’ailleurs été présentés sur les P.-O. Il a aussi regretté que beaucoup d’entreprises viennent trop tard auprès du médiateur du crédit et il a déploré la méconnaissance des dispositifs nouveaux, comme la garantie Oséo pour la trésorerie, les CAP et CAP+ pour l’assurance crédit et le fonds de consolidation et de développement des entreprises pour les fonds propres. Pour autant, beaucoup d’entreprises intègrent le dispositif par le biais des tiers de confiance que sont les CCI, les chambres de métiers… « Les tiers de confiance parviennent à gérer beaucoup de dossiers en amont. Ils ne nous amènent que les dossiers pour la médiation. Leur rôle est très important », indique Laurent Mary.

L’Etat ne doit pas se substituer aux banques

« J’ai souffert d’un déséquilibre financier suite à un acte manqué lié au rachat d’un concurrent. Dès lors, les banques ont souhaité supprimer les encours alors que l’entreprise était rentable depuis plus de 20 ans », témoigne André Cart, à la tête d’une entreprise d’édition de logiciels de 13 salariés à Tecnosud, qui a bénéficié du dispositif. « La médiation du crédit m’a permis d’obtenir 40 000 € de crédit pour poursuivre le développement de l’entreprise. Mais ce n’est pas à l’Etat de faire le travail des Banques. On se demande à quoi elles servent », indique-t-il. Richard Genesca, à la tête de Prodeco (42 salariés) a lui aussi souffert d’une mauvaise stratégie de développement et d’un retard de paiement. « Faute de capitaux propres suffisants, les banques ont stoppé mon découvert », explique-t-il. Il s’est rapproché de la CCI des P.-O. qui lui a présenté le dispositif. « J’ai obtenu un étalement de la TVA et de la TP ainsi qu’un découvert de 70 000 € », précise-t-il. « Ce n’est pas suffisant. Mais, c’est mieux que rien » . Même s’il confirme qu’il va continuer à travailler avec ses banques, il dit avoir « compris que je pouvais faire un peu sans elles ». L’Etat a tout de même joué le rôle de la banque, puisque, selon Jean-Paul Métois, le directeur des finances publiques des P.-O., plus de 1 000 délais de paiement de TVA et de TP ont été accordés pour 10 M€ au total.

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie