
« Dans les années à venir, ce sont 100 M€ d'investissements publics qui seront dépensés chaque année par Nîmes-Métropole et la Ville de Nîmes pour nos prochains projets d'envergure », a affirmé le maire et président de l’Agglo, Jean-Paul Fournier, lors d’une rencontre avec les chefs d’entreprise nîmois, ce matin, à l’hôtel d’agglomération. Parmi les principaux projets : le transport en commun en site propre, dont le chantier de la première ligne (60 M€) démarre la semaine prochaine, la Salle des musiques actuelles (Smac, 13 M€), livrée en 2012, ou encore la 2 tranche de la réhabilitation des « allées Jaurès ». Selon le maire, « durant les trois dernières années, la Ville de Nîmes, Nîmes-Métropole et la SAT ont confié près de 240 M€ aux entreprises du BTP. Plus de 70 % a été versé à 80 entreprises gardoises retenues dans le cadre des différentes commandes publiques. Les chantiers portés par le CHU, dont je suis le président du conseil de surveillance, ont permis d'injecter 80 M€ supplémentaires dans l'économie. Soit au total 320 M€ sur ces trois dernières années. » Citant la FFB, il estime à 1 347 le nombre d’emplois « créés ou préservés » en 2010 grâce aux commandes publiques, dont une grande partie dans le Gard. « Nos investissements d'aujourd'hui favorisent en partie les emplois de demain », a assuré le maire. « Ce processus devrait se poursuivre avec l'accroissement de nos capacités d'investissement, qui sont une priorité depuis la création de l'Agglo, en 2001 ».
« Prix trop bas »
Le président de la FFB du Gard, Pierre Gibert, a estimé que « les grands travaux engagés depuis 2008 (à Nîmes) ont davantage profité aux entreprises du TP qu’à celles du bâtiment ». Il s’est également inquiété des « prix auxquels les marchés sont attribués à nos entreprises », et de la possibilité de renégocier plusieurs fois, instaurant des « enchères inversées qui sont catastrophiques pour nos entreprises ». Pierre Gibert a par ailleurs déploré les retards pris par plusieurs projets emblématiques, comme le Triangle de la Gare ou l’Ilôt Gril. De son côté, Bernard D'Aparo, président de la FRTP du Gard, a dénoncé « l’attitude suicidaire », selon lui, de « certaines entreprises », qui pratiquent « les plus bas prix possibles ». « Les marchés partent au mieux-disant, à des prix bas. La plupart des marchés publics font l’objet d’une estimation par des professionnels, mais ces prix sont de souvent très bas. » Le représentant des TP « tire la sonnette d’alarme. Il y a de l’activité aujourd’hui. Mais il ne faut pas que cette activité génère demain des pertes d’emplois et la disparition d’entreprises ».
« 71 % des marchés aux Gardois »
Présidente de la commission d’appels d’offres de la Ville, l’élue Françoise Martin a expliqué que les marchés étaient attribués en tenant compte « à 60 % de la technicité et à 40 % du prix ». Elle a ajouté qu’elle demandait, le cas échéant, aux entreprises, « de se rapprocher de leurs fournisseurs pour gagner un demi-point ». Michel Bazin, président de la commission d’appels d’offres à l’Agglomération, a assuré, pour sa part, que « 71 % des marchés (de l’Agglo) sont attribués à des entreprises gardoises. On ne peut pas leur donner tous les marchés. Sinon, nous serions hors des clous ». « Nous nous devons de ne pas tuer les entreprises », a estimé Denis Calvié, adjoint au maire de Bouillargues et membre de la commission d’appels d’offres. Il a expliqué que sa commune avait « mis en place une formation pour aider les artisans à répondre aux appels d’offres administratifs ». Quant au vice-président en charge du développement économique à l’Agglo, Franck Proust, il a rappelé que le projet prévu sur l’emplacement de l’Ilot Gril « avait l’aval de la commission nationale des sites ». Mais il a été bloqué par des recours déposés par un tiers. « La Ville travaille aujourd’hui à un projet de musée de la romanité ». Il a réfuté, par ailleurs, toute priorité donnée aux TP au détriment du bâtiment, qualifiant Jean-Paul Fournier de « maire bâtisseur ».