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Immobilier
| 18/03/2019

Montpellier en 2050 : relever les défis de construire et innover

La Ville de Montpellier ne pourra plus concentrer à elle seule toute la production de logements nécessaires pour héberger la population, toujours plus importante, de la métropole montpelliéraine. Comment se projeter à l’horizon 2050 ?, telle est la question de la table ronde qui s’est déroulée le 15 mars au salon de l’immobilier de Montpellier où une centaine de promoteurs ont dévoilé leurs projets.

3 M, une métropole rayonnante et non absorbante
« Soit on positionne la ville-centre comme Toulouse qui absorbe tout, soit on s'appuie sur un territoire plus équilibré, ce qu'a su faire Montpellier. On doit considérer la métropole comme un écosystème pour avoir un territoire équilibré. Il faut préserver des échelles appropriables pour chacun des territoires, et non une sur-densification de la ville-centre », explique Élodie Nourrigat, architecte montpelliéraine (NBJ Architectes). « Une métropole ne peut pas se développer en oubliant les territoires... Dans 50 ans Montpellier sera une ville qui parle à ses territoires, une métropole rayonnante et non absorbante », souligne Philippe Saurel, maire et président de Montpellier Méditerranée Métropole (3 M) annonçant la signature de deux nouveaux contrats territoriaux avec Mende et Florac.

Favoriser la verticalité, le bois...
« Le développement doit être pensé à l'échelle du territoire métropolitain, qu'il faut urbaniser pour attirer des entreprises et loger les habitants. Aujourd'hui, on construit sur un tissu urbain déjà constitué. Il faut donc travailler sur la verticalité, affirme Laurent Villaret, président de la FPI (fédération des promoteurs immobiliers) Occitanie Méditerranée. « Les transitions écologique et énergétique obligent à développer des concepts dans la construction comme le photovoltaïque et l’utilisation du bois qui pourrait être plus utilisé à Montpellier. Certains projets de bureaux bois ont été lancés, j’aurai un regard attentif car la construction bois est aussi synonyme de densité », complète Philippe Saurel. Un tiers des communes de la métropole connaissent déjà des croissances démographiques à deux chiffres générant des besoins en logement qui appellent une acceptabilité des autochtones.

Evoluer avec les transitions écologique, énergétique, numérique
L’urbanisation suppose aussi de préserver des espaces naturels, tenir compte des contraintes climatiques, prévoir les mobilités, et s'appuyer sur une économie attractive. «Les futurs quartiers de Cambacérès et de l'ex-EAI répondent à ces contraintes, assure Chantal Marion, vice-présidente de Montpellier Méditerranée Métropole, en charge de l'économie et de l'urbanisme. Ils préserveront les espaces naturels et offriront de nouveaux services. Ce seront des quartiers où les gens aiment vivre, travailler, jouer et faire du sport. C'est aussi le cas du Nouveau Saint-Roch où on crée la ville sur la ville. » « À l'allure où s'engage la révolution industrielle numérique, il est difficile de faire des plans réalistes, commente Philippe SaurelUne seule possibilité pour Montpellier, qui n'a pas d'industrie mais qui vit au rythme de l'innovation est d’écouter ce monde. D'où notre adhésion à la French Tech, notre volonté de créer des industries culturelles et créatives,… ». « On ne peut pas penser la ville que par de grands gestes architecturaux, sinon on se trompe, répond Christophe Perez, directeur général de la Serm-SA3MIl faut faire la ville en pensant à la vie du quotidien. » « Les prémices de la ville intelligente ont eu pour effet de rendre la ville plus efficace en matière de gestion de l'eau ou des transports, ajoute Elodie Nourrigat. « Le numérique nous permet de répondre aux besoins des habitants... Ici à Montpellier, nous faisons de vrais quartiers, la ville mixte avec du logement mixte, des commerces, des bureaux, des parcs, des mobilités. Aujourd'hui, il faut faire foisonner les parkings et pour ça, il faut des modèles, que nous offrent les entreprises de la Proptech, et changer les mentalités », ajoute Christophe Pérez. « La 2e phase de la ville intelligente vise à mettre en place des services aux citoyens, des outils d'autogestion et de gouvernance. Les nouvelles technologies permettent aussi de constituer des communautés dont les projets peuvent être une façon d'utiliser l'espace public. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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