Métro : Moudenc veut "la meilleure solution" pour la desserte de Labège
Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, a précisé, aux côtés de Jean-Michel Lattes (Tisséo SMTC), Francis Grass (SMAT) et Sacha Briand (Toulouse Métropole, en charge des finances), mardi après-midi sa vision de la desserte de Labège et du Sicoval par les transports en commun. Après l'abandon du prolongement de la ligne B du métro (PLB), l'élu propose une desserte de l'INPT par téléphérique urbain à partir de Ramonville (terminus actuel de la ligne B), soit un investissement de 40 M€. Une extension de la ligne B du métro jusqu'à l'INPT, option défendue par le Sicoval pour créer une connexion avec la future 3ème ligne, prévue pour 2024, est écarté par Jean-Luc Moudenc. « L'investissement s'élèverait à 220 M€. Pour desservir 2 500 personnes, ce n'est pas raisonnable, et complètement surdimensionné par rapport à la réalité du besoin. » Malgré une rupture de charge pour l'utilisateur (métro/téléphérique), le téléphérique aurait un débit plus rapide : chaque minute, au lieu d'un métro toutes les 3mn30 secondes. Sacha Briand ajoute : « Il n'y aurait jamais un avis favorable d'une commission d'enquête pour un métro avec 2 500 passagers / jour. Les investissements liés au plan de déplacements urbains s'élèvent à 3 Md€. Cela passe par des ajouts d'économies, des optimisations sur chaque segment, pour pouvoir répondre aux besoins de l'ensemble du territoire. »
Jean-Luc Moudenc veut défendre une vision métropolitaine du réseau de transports en commun. « Labège veut un prolongement de la ligne B et la 3ème ligne. Deux lignes de métro pour une collectivité (Sicoval) qui participe au système de transport urbain à hauteur de 1% chaque année, n'exagérons pas. Et il y a des difficultés immenses sur Colomiers et Blagnac. Il faut une réponse globale. J'ai reçu beaucoup de réactions d'élus, d'habitants, de chefs d'entreprise, du nord et de l'ouest toulousain, se disant stupéfaits du traitement privilégié qui est demandé par le Sicoval. On ne peut pas s'enfermer dans une vision de la fin des années 90 pour un projet qui verra le jour en 2022 », ajoute Jean-Luc Moudenc, motivant son refus du PLB.
Ce dernier ne veut pas habiller le costume de fossoyeur du PLB. Jean-Luc Moudenc a relu des déclarations publiques de Pierre Cohen, ex-maire (PS) de Toulouse, se disant en 2009 « favorable au prolongement de la ligne B, mais pas en métro ». Ou encore de Christophe Lubac, maire PS de Ramonville, en 2010 : " A-t-on les moyens de se payer le métro ? Il faut être réaliste. Nous sommes dans une crise qui induit de la rigueur. « Il s'est également appuyé sur un rapport de la chambre régionale des comptes, qui écrivait, en 2013 : " Le Sicoval n'a pas la capacité financière pour participer au financement du prolongement de la ligne B du métro. »
Moudenc propose une desserte de Labège par la 3ème ligne de métro, avec quatre stations sur la commune de Labège. Et, dans la négociation toujours en cours avec Jacques Oberti, président PS du Sicoval, il propose un démarrage des travaux de la 3ème ligne par Labège. « Je reste favorable à une desserte de Labège et du Sicoval par le métro, comme je le suis depuis 15 ans, a-t-il indiqué. La 3ème ligne dessert bien mieux les entreprises implantées sur le Sicoval que ne le ferait le PLB. La 3ème ligne connectera Labège avec la gare TGV et la zone aéroportuaire. Labège sera alors bien mieux branchée sur le tissu économique de la grande agglomération. » Pour la 3ème ligne, Jean-Michel Lattes a indiqué qu'un plan de financement sera présenté « en juin ou juillet ».










