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Pyrénées-Orientales
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Energies
| 7/12/2010

Les professionnels des ENR contestent le décret du gouvernement

Jean-Jacques Planes, président de la Fédération du bâtiment des P.-O., et André Joffre, président du pôle Derbi, accompagnés de dirigeants d’entreprises du secteur, ont dénoncé, lors d'une conférence de presse, le nouveau décret du gouvernement sur les énergies solaires photovoltaïques. En ligne de mire : une nouvelle baisse du tarif de rachat de l’électricité solaire par EDF, jugé trop élevé et générant un surcoût de l’énergie pour les particuliers.

Contrecarrer le décret en l’amendant

Ce décret entend notamment mettre en place un moratoire de quatre mois suspendant l’obligation de conclure un contrat d’achat de l’électricité durant la période, d’en exclure les projets des particuliers dune puissance crête de 3 kW et les installations pour lesquelles le producteur a versé un premier acompte en vue de son raccordement avant le2 décembre,… « Ce décret, qui doit être examiné ce jeudi 9 décembre au conseil supérieur de l’énergie, marque un coup d’arrêt de la filière et est préjudiciable pour les entreprises, en particulier celles des P .-O. » s’insurge Jean-Jacques Planes. En réaction, « nous allons mobiliser les parlementaires et proposer un amendement à se décret dès aujourd’hui. Il prévoit de ramener le moratoire de 4 à 2 mois, de passer la puissance accordée de 3 à 36 kW pour limiter les effets sur les PME du secteur, mais aussi d’intégrer les projets déposés en août ». Autre enjeu : « Il faut purger la liste d’attente. 4 000 MW sont déposés à ERDF, or un peu plus de 1 000 MW seront installés réellement », ajoute André Joffre, qui joue des coudes auprès des instances du secteur des ENR que des ministères pour débloquer ce dossier épineux. Jean-Jacques Planes entend aussi peser de tout son poids pour mener une action d’envergure, notamment lors du salon Energaïa à Montpellier qui ouvre ses portes demain, jusqu’au 11 décembre.

Une centaine d’emplois en danger

« Mais le solaire reste une bonne affaire même si le tarif régresse » interpelle André Joffre, craignant en parallèle une désaffection des particuliers, des PME ou des collectivités ou pour le solaire, qui selon lui est « l’énergie préféré des français à 97 %, selon une récente étude ». Pour le président de la FFB 66, « avec ce décret et le moratoire, les PME du secteur perdent toute lisibilité du marché. La conséquence c’est l’arrêt de toute activité sur une vingtaine de mois. » Il s’est rapproché de la Dirrecte pour voir comment soutenir les entreprises et la centaine de salariés qui pourraient être impactés sur le département.

Des dirigeants remontés

Jean-Baptiste Navarro, directeur de Sotranasa, une entreprise qui a misé sur la diversification, souligne que « ce ne sera pas seulement la vingtaine de salariés qui travaille dans les énergies solaires qui seront impactés, cela aura des répercussions sur l’entreprise en général ». Ronnie Chaine, le patron de Solipac réagit : « On en vient à se demander pourquoi une filière vertueuse écologiquement et qui a créé 10 000 emplois en trois ans se voit sabrée sans crier gare ». Pour Jérôme Galban, dirigeant d’AE 3000, « le photovoltaïque crée des inquiétudes dans le secteur du nucléaire ». « Le secteur des ENR génère 25 % de mon CA. Si je perds ce marché qui m’a permis de passer au mieux la crise du bâtiment, je ne pourrai pas résister ni conserver la totalité de mon personnel », avoue Jean-Pierre Puig, à la tête d’Echas, entreprise d’échaffaudage. Eric Vila, à la tête de Vilmor ENR s’inquiète des réactions de ses clients qui ont pris le parti d’investir dans le photovoltaïque : « Je ne sais pas quoi répondre à leurs interrogations ».

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