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Hérault
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Transports - Logistique
| 20/07/2010

Les priorités de Marc Chevallier, nouveau président du port de Sète

Marc Chevallier, 66 ans, ancien président de la Navale Française, est élu le 25 juin président de l’EPR Port de Sète Sud de France, en remplacement de Georges Frêche, président (DVG) du conseil régional Languedoc-Roussillon.
Marc Chevallier a participé activement à la signature de trois gros contrats avec des industriels investisseurs sur le port entre 2007 et 2010 : Lafarge Ciments (construction d’un broyeur), Silos du Sud (construction d’un nouveau silo), Orsero (construction d’un terminal fruitier pour l’importation de fruits et légumes d’Israël sur l’Europe, 150 créations d’emplois à la clé).

Outre les personnalités institutionnelles*, le conseil d’administration du port s’enrichit de professionnels : un industriel (Hervé Cifaï, Centre Grains), le président de l’Union portuaire maritime sétoise (Pierre de Boutray), le premier Prud’homme de pêche (Raphaël Scannapieco), un spécialiste de la plaisance (Jean-Marie Vidal).

Priorité au port de commerce

La priorité de Marc Chevallier : le développement du port de commerce. « Les privés investissent 130 M€ sur le port de Sète : Silos du Sud, Lafarge Ciments, GF Group (Orsero), Sea Invest, insiste Marc Chevallier. Quand les industriels investissent sur un port, c’est qu’ils y croient. Et ils ont tout intérêt à faire tourner la boutique. »
Autre satisfaction : l’explosion de l’activité de l’importation de voitures low-cost, opérée par Sintax. Du fait de la crise, le port de Sète a accueilli 36 900 modèles à moindre prix (Renault, Toyota et Hyundai) en 2009 et table sur environ 50 000 cette année.

Le concours d’architecte en vue de la construction d’un nouveau pôle passagers, à l’horizon 2014, « va être lancé ». Il aura vocation à accueillir « quatre à cinq fois plus de passagers qu’aujourd’hui », essentiellement à destination du Maroc. L’arrivée de l’opérateur italien Grandi Navi Veloci, annoncée pour ce printemps, est reportée à « fin 2010, début 2011 ». Sa vocation est de réaliser une liaison triangulaire entre Sète, le Maroc et l’Algérie.
Sur le nouveau quai H, construit par la Région L.-R. (environ 35 M€), sera érigé un terminal containers - le terminal fruitier de GF Group, en cours de travaux, se trouve sur le quai J.
Marc Chevallier juge « réaliste » les perspectives de croissance de trafic annoncés pas Arnaud Rieutort, nouveau directeur commercial du port de Sète : de 3 millions de tonnes aujourd’hui à 8 à 10 millions de tonnes à l’horizon 2020. « L’autoroute A9 est encombrée entre Orange et Perpignan. Avec la jonction A9/A75 réalisée à hauteur de Béziers (inauguration le 5 juillet par Dominique Bussereau, secrétaire d’Etat aux Transports, ndlr), des milliers de camions passent devant Sète. Je crois au développement du cabotage maritime entre Sète, l’Espagne et le Maroc. D’autant plus que les relations nord/sud se développent, tant sur le plan du tonnage que des passagers. »
Cet expert du monde maritime, natif de Montpellier, appelle à la mise en place d’une logistique régionale. « Des Pyrénées au Rhône, il faut pouvoir répondre à n’importe quelle demande : par route, par fer, par mer ou par le canal de Rhône à Sète. Un effort considérable doit être fourni, avec les professionnels de la logistique. Sète doit devenir un port européen, c’est un point de passage très bien placé. » Le « vrai décollage » du port est annoncé pour 2011, lorsque les projets industriels verront le jour.
Marc Chevallier insiste sur la nécessité d’améliorer la desserte du port depuis l’autoroute A9, par une mise à 2X2 voies de la route nationale. « Lorsque le terminal fruitier et l’usine Lafarge vont entrer en service en 2011, environ 400 camions vont circuler entre l’autoroute et le port. Si on (le conseil général de l’Hérault, ndlr) ne fait rien, l’entrée et la sortie de Sète seront vite saturées. C’est important pour le commerce de Sète et la ville de Frontignan, c’est l’intérêt de toutes les parties. L’intérêt commun doit l’emporter sur les blocages entre les uns et les autres, qui existent depuis plusieurs années. »

Le développement du port de commerce passe par la création d’une zone logistique, laquelle fait toujours défaut - 60 hectares ont été identifiés à Poussan.

Appel à une difficile union sacrée

Outre le commerce, Marc Chevallier veut développer les paquebots de croisières – « la région regorge de sites d’exception proches de Sète : Pont du Gard, cité de Carcassonne, Aigues-Mortes… et chaque passager dépense entre 50 et 100 euros par escale ». Sujet sensible : la plaisance, dont la concession est entre les mains de la CCI de Sète, en conflit avec la Région depuis que celle-ci lui a pris la gestion du port, fin 2007. « Les capacités du port de Sète sont considérables, avance prudemment Marc Chevallier. Il faut pouvoir recevoir des grands bateaux, faisant jusqu’à 50 mètres de long. On peut mettre entre 2 000 et 2 500 bateaux entre Frontignan et Sète. »

Il en appelle à l’union sacrée, difficile dans un terrain sétois miné : « Je ne vais rien faire tout seul, que ce soit pour le commerce, la pêche ou le tourisme. Ou tout le monde est d’accord et on essaie de travailler ensemble, ou on se regarde en chiens de fusil, ce qui a souvent été le cas précédemment à Sète, et on ne fait rien. Là, j’ai le sentiment qu’il y a une volonté commune. Les gens se rendent compte de l’intérêt économique régional du port de Sète. »
Première rencontre avec les spécificités de l’Ile singulière : « Les bateaux se mettent n’importe où le long des canaux à Sète. On ne sait même pas à qui ils sont. Il faudra bien mettre de l’ordre à un moment ! »

* Georges Frêche, Robert Navarro, André Lubrano, Anne-Yvonne Le Dain, Corinne Giacometti et Françoise Dumas.

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