Le rachat d’Hexagone Santé Méditerranée par Elsan approuvé sous conditions
Évoqué par La Lettre M en février 2019, le projet de rachat de la société Hexagone Santé Méditerranée (HSM, 1 200 salariés, CA : 90 M€, siège : Nîmes) par le groupe Elsan (120 hôpitaux, cliniques et centres de rééducation en France) est validé par l'Autorité de la concurrence le 28 février. HSM compte trois établissements dans le Gard (la Nouvelle Clinique Bonnefon d’Alès, la Polyclinique Grand Sud et l’Hôpital Privé les Franciscaines de Nîmes) tandis qu’Elsan y possède déjà principalement la clinique Kennedy (Nîmes), mais aussi la Polyclinique Valdegour et l’Institut de Cancérologie du Gard.
Le rachat d’Hexagone Santé Méditerranée se fera en échange d’engagements
Elsan avait indiqué son projet de fermer la clinique Kennedy pour transférer une partie de son activité sur les sites HSM de la Polyclinique Grand Sud et de l’Hôpital Privé les Franciscaines. « Or, un transfert partiel, qui suppose l’abandon de certaines activités, aurait pour effet un appauvrissement de l’offre de soins dans les zones concernées (Nîmes), au détriment des patients », juge l’Autorité de la concurrence. Pour obtenir le feu vert de l'Autorité, Elsan s’engage à un transfert intégral de l’activité de la clinique Kennedy vers les établissements nîmois de HSM. Elsan devra aussi « maintenir l’ensemble des activités de ces deux établissements, y compris celles qui auront été transférées de la clinique Kennedy, jusqu’au 6 mars 2028 ».
Ainsi, l'Autorité de la concurrence estime qu' Elsan « a apporté la preuve que l’opération, et spécifiquement le transfert de la maternité de la clinique Kennedy sur le site de la Polyclinique Grand Sud, participera à la qualité et à la sécurité des soins en obstétrique. En effet, le regroupement des maternités permettra à l’établissement de franchir l’un des seuils de nombre de naissances annuel. » La Polyclinique Grand Sud franchirait à terme le seuil de 1 500 naissances par an*, avec près de 2 400 naissances (au lieu de moins de 1 400 actuellement, moins de 1 000 à la clinique Kennedy).
De son côté, le groupe Elsan a aussi communiqué ce 28 février sur le rachat d’HSM. Thierry Chiche, président exécutif, rappelle l’ambition : « Cette acquisition montre notre détermination à faire avancer l’excellence médicale au service de tous les patients. Elle s’inscrit dans le cadre de notre stratégie de développement de nos pôles de référence dans les régions ». Elsan rappelle être présent dans les départements voisins du Vaucluse avec les Hôpitaux Privés du Vaucluse et des Bouches-du-Rhône à Arles.
« Après une large consultation des opérateurs du secteur », l’Autorité avait évalué trois principaux risques au rachat : un potentiel appauvrissement de l’offre de soins, une hausse des tarifs et une baisse de qualité des prestations annexes « à cause de la disparition de la pression concurrentielle importante que les établissements des parties exerçaient les uns sur les autres avant l’opération », et d’assèchement du vivier de praticiens pour les établissements de soins, Elsan étant « en position d’opérateur incontournable vis-à-vis des praticiens libéraux dans le département du Gard ». Pour réaliser l’opération, Elsan s’engage aussi à maintenir le standard de qualité et de contenu de prestations annexes et à interdire des clauses d’exclusivité liant les praticiens aux établissements concernés par l’opération.
* Prévu par l’article D. 6124-44 du code de la santé publique au-dessus duquel un établissement de santé est dans l’obligation de renforcer les moyens humains consacrés à la sécurité des patientes et des nouveau-nés
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