Le président de Saint-Mamet plaide pour une TVA climatique
Matthieu Lambeaux, président de Saint-Mamet (Nîmes, CA : 100 M€, 150 salariés), plaide pour la fixation d'une « TVA climatique » sur les produits agroalimentaires. Par ce biais, cet ancien dirigeant de Findus, espère atténuer les effets dévastateurs du climat sur les marges des industriels de l'agroalimentaire et des producteurs. « C'est un phénomène mondial. En Thaïlande et aux Philippines, la production d'ananas a chuté de 30 % depuis 5 ans. Une mouche et des conditions climatiques défavorables ont fait fortement chuter la production française de cerises, d'abricots et de pêche », détaille-t-il.
Aujourd'hui, contrairement au cours des fruits frais qui est libre, le prix d'achat aux fournisseurs industriels de produits agroalimentaires est fixé une fois par an pour une durée d'un an. « Ce prix est négocié avant le 1er mars. C'est une période où on ne sait absolument pas si la récolte de pêche, de poire ou d'abricot va être celle escomptée. Sans soupape de sécurité, un agriculteur peut se trouver en grande difficulté car une perte de volumes ne peut, en l'état actuel, être compensée par un ajustement de prix », dit Matthieu Lambeaux. « Nous lançons une réflexion pour la création d'une TVA climatique. Ce réajustement du prix de vente en fonction des changements climatiques permettrait une compensation. À Saint-Mamet, sur les poires, qui sont plus petites cette année en raison d'un hiver trop doux, il a fallu adapter notre outil industriel. J'estime le surcoût à 15 %. Il est très facilement mesurable. Pour autant nous devons absorber ce surcoût qui n'était pas prévisible, sans changer nos prix. » Et l'industriel de mettre en exergue l'épisode de grêle ayant touché voilà quelques jours les vignobles du Pic Saint Loup, détruisant jusqu'à 100 % des raisins dans certaines exploitations, et du blé qui vient de connaître en France sa pire moisson des 30 dernières années : « Tous les secteurs agricoles sont concernés. Si on veut garder une indépendance alimentaire, il faut absolument agir. »










