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Pyrénées-Orientales
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Agri - Agro
| 16/10/2014

Le monde agricole réclame un meilleur accès au foncier

Organisé par la Safer L-R et l’association des maires des P.-O., le forum départemental du foncier agricole des P.-O. qui s’est tenu ce 14 octobre, au domaine Cap de Fouste (Villeneuve-la-Raho), a montré que le manque de foncier - alors qu’il y a 80 000 ha de friches - nuit à la pérennité et au développement de l’agriculture locale. Venu témoigner, Jean-Pierre Bails, le président de la coopérative fruitière La Melba (Bouleternère), déclare que « le manque de foncier constitue une vraie problématique pour l’arboriculture. Il y a des friches mais il est difficile d’avoir d’importantes surfaces en un seul tenant. Nous avons fait des tentatives dans la zone du Crest, mais le foncier est trop parcellaire et les propriétaires préfèrent attendre l’urbanisation. »
Des relais locaux nécessaires
Selon lui, La Melba a déjà saisi des opportunités pour développer ses volumes et diversifier ses productions à travers des exploitations basées près de Fos-sur-mer (250 ha), Tunisie (50 ha), Torreilles (12 ha). « Cela nous a permis de d’optimiser nos charges fixes, d’améliorer le revenu des producteurs et de préserver les emplois », assure-t-il. « Le foncier agricole est soumis à des pressions croissantes : urbanisation, cabanisation, espaces de loisirs… L’accès au foncier est vital pour l’agriculture et ses productions. Si l’on ne veut pas voir partir les entreprises agricoles, nous avons besoin de relais locaux et des moyens financiers, sinon nous n’arriverons à rien avec nos seules compétences », indique Claude Jorda, le vice-président de la Safer L-R, suggérant même l’arrivée d’investisseurs privés. « La convergence est essentielle entre les propriétaires et les agriculteurs. Il y a des solutions techniques visant à fixer l’utilisation du foncier sur une période donnée pour favoriser cela », note Me Raynaud, avocat à Perpignan, suivi par Me Laurence Puig, notaire à Rivesaltes qui mise sur l’interprofessionnalité pour essayer de résoudre cette question du foncier, alors que d’autres appellent à une taxe foncière sur les friches, ou encore un dispositif de défiscalisation favorable à l’agriculture. Le risque : « veut-on décapitaliser le département en ne s’impliquant pas dans le développement agricole ? » questionne Michel Guallar, président de la chambre d’agriculture.
Valoriser le foncier agricole
Pour lui, le fonds du problème est que « les propriétaires libèrent difficilement les terres. Ils entendent sans arrêt que les P.-O. devront accueillir plus de 90 000 habitants dans les années à venir. Ils préfèrent se tourner vers l’urbanisation car le foncier est valorisé finacièrement ou pire ne rien faire. » C’est le cas à Trilla où un propriétaire de 150 ha de landes ne veut pas louer pour l’installation d’un jeune éleveur. « En France, un département disparaît, tous les 5 ans, au profit de l’urbanisation » complète Pierre Estève conseiller général des P.-O.. « Les communes ne peuvent exister qu’avec l’agriculture. Notre destin est commun, tempère Guy Ilary, le président de l’association des maires des P.-O., rappelant que le Scot a porté une attention particulière au secteur agricole et que les collectivités s’attachent à préserver la transmission de l’outil de travail (portage, irrigation,…). Selon Pierre Estève, « le dispositif des PAEN (périmètres agricoles et naturels) se déploie dans les P.-O. : Canohès (280 ha) et Laroque des Albères (600 ha) se sont lancés. Il y a des projets en Conflent mais aussi à Céret, Alenya, Maureillas, précise-t-il. Le foncier sans irrigation ne suffira pas à diversifier la production agricole. »
Photo VC : Me Puig (notaire), Me Raynaud (avocat), Claude Jorda, vice-président Safer L-R, Guy Ilary, président AMF 66, Michel Guallar, président de la chambre d'agriculture des P.-O., Pierre Estève, conseiller général des P.-O.
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