
Le marché régional de l’espace rural est en hausse en volume, mais en baisse en valeur, selon un bilan présenté par le président et le directeur général de la Safer L.-R., ce matin, à Lattes. Évalué à 25 579 ha en 2013, le marché marque un rebond de 6,7 % par rapport à 2012. Il baisse en valeur de 7,4 %, à 507,3 M€ . Près de 60 % de sa superficie, soit 15 025 ha (+ 16,7 %), concerne le marché agricole. Même tendance en valeur avec + 7,3 %, pour un montant de 160 M€ et une part du marché de 32%. « Ce marché garde le dynamisme observé depuis quelques années, et qui est lié à de bonnes récoltes dans toutes les filières », commente Frédéric André, directeur général de la Safer L.-R. Les chiffres par segments du marché attestent effectivement de cette dynamique : terres et prés (4 607 ha, 56 M€) : + 14% en surface et en valeur ; vignes (4 771 ha, 57 M€) : + 13,5 % en surface et + 10,4 % en valeur ; cultures spéciales (5 648 ha, 47 M€) : + 32,7 % en surface et - 1,2 % en valeur. D’un département à l’autre, le prix moyen des terres et prés évolue de façon contrastée entre 2013 et 2012 : 5 950 €/ha (+ 0,2 %) dans l’Aude, 8 800 €/ha (- 2,6 %) dans le Gard, 8 150 €/ha (+ 4,2 %) dans l’Hérault, 7 380 €/ha (- 4,6 %) dans les P.-O., 3 700 €/ha (- 5,3 %) en Lozère.
Grand écart dans les vignobles
Pour les vignobles, les écarts de prix des terres sont nettement plus importants : entre 5 000 et 16 000 €/ha pour les VSIG, entre 6 000 et 21 000 €/ha pour les IGP, entre 8000 et 16 000 €/ha pour les AOP génériques moyenne (Corbière, Côtes du Roussillon), entre 16 000 et 20 000 €/ha pour les AOP de territoire restreint et entre 23 000 et 79 000 €/ha pour les AOP crus classés. Pour Dominique Granier, président de la Safer L.-R., « les efforts entrepris par les viticulteurs en terme de qualité et de renouvellement des cépages, les actions fortes concernant les AOP et celle des Pays d’Oc portent leurs fruits. Les vins trouvent preneur à l’exportation, leurs prix augmentent et celui des terres suit inéluctablement. »
Baisse du marché non agricole
Le marché non agricole (26 % en surface et 65 % en valeur) est estimé à 6 762 ha en 2013. Il marque une baisse significative de 14,4 % en l’espace d’un an. Il fléchit dans une proportion similaire en valeur (- 13,6 %) à 328 M€. Cette régression est liée au fort recul de l’artificialisation des terres (- 41 % en surface, - 16 % en valeur) avec des mises en chantier moins nombreuses et des reports de projets d’aménagement.
Selon Dominique Granier, l’agriculture est confrontée au problème du renouvellement des générations. « Plus des deux tiers des exploitants agricoles ont plus de 50 ans. Et les reprises dans le cadre familial se raréfient. 250 propriétés sont actuellement à la vente dans le portefeuille de la Safer. L’installation de jeunes exploitants reste notre priorité ». 166 installations représentant 1 953 hectares ont été appuyées par la Safer en 2013. Cela représente un tiers des superficies qu’elle a traité.
La Safer L.-R. a réalisé un chiffre d’affaires de 89 M€ en 2013 avec un résultat positif de 60 K€ (contre – 34 K€ en 2012). Elle a transacté près de 8 500 hectares, via 693 actes.