Le Japon, un marché de niche pour les PME
« Le Japon : la valeur sûre de l’Asie » : c’est le thème du focus organisé le 23/6 à Toulouse par la CCI Midi-Pyrénées et la CCI International Midi-Pyrénées dans le cadre du Forum Destination International. Décrit par les organisateurs comme « une cible à privilégier par nos exportateurs », le Japon est-il réellement accessible aux PME locales ? Si la France ne représente que 1,4 % des importations nippones, les PME comptent pour près de 80 % des exportateurs. En LRMP, selon la Direction générale des douanes et droits indirects, les exportations vers le Japon s’élevaient à 569,5 M€ sur la période T2 2015 - T1 2016. Soit environ 1 % des exportations totales (55,6 Md€). Une niche, donc, mais que certaines PME régionales (370 pour l’ex-MP) ont choisi d’investir, notamment dans l’aéronautique et le spatial (70,8 %), l’agroalimentaire (12,5 %) et, de façon plus marginale, les parfums et la cosmétique. Un secteur dans lequel s’inscrit la société toulousaine Graine de Pastel (CA : 6 M€, 18 salariés). Pour sa présidente Carole Garcia, « le Japon est une priorité car il s’agit du 3e marché mondial pour les cosmétiques. Les Japonais ont une très grande curiosité pour la France. Pour eux, nous adaptons nos produits. Nous sommes en prospection depuis deux ans et nous voulons signer avec un distributeur qui corresponde à nos ambitions. » La société toulousaine Nexio, spécialisée dans l’électromagnétisme (CA : 4,7 M€, 55 salariés), réalise, elle, 8 % de son activité au Japon. « Nous travaillons avec des industriels de la Défense, de l’aéronautique et du naval, qui nous ont choisis pour notre technologie et qui nous emmènent avec eux sur tous leurs projets, se réjouit Frédéric Amoros-Routié, président. Ils nous tirent vers le haut. »
Côté ex-LR, la société Areva Melox (780 salariés, Marcoule) vient de renouveler son contrat avec l’électricien japonais Kansai Epco pour la fabrication de 16 assemblages de combustible. « Il s’agit d’une preuve importante du maintien de la politique de recyclage nucléaire au Japon », estime Régis Faure, directeur de la communication du site gardois. Autre secteur, autre exemple, avec le groupe viticole rivesaltais Maison Cazes (CA : 8 M€), qui a doublé en deux ans le nombre de ses bouteilles commercialisées au Japon, pour atteindre 300.000 unités. « Cette zone est devenue notre premier client à l’export, indique le DG Lionel Lavail, qui souhaite y doubler son activité dans les 3 ans. Le Japon continue de tirer quand d'autres marchés s'essoufflent. » Reste la question de la propriété intellectuelle. Pour Mathieu Bringer, directeur associé du cabinet toulousain Bringer IP, « cela devrait être un élément important, sinon essentiel, de toute stratégie d’investissement au Japon. »










