Le Gouvernement confirme que le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse sera public
L'État a tranché : le financement de la LGV Bordeaux-Toulouse-Dax sera entièrement public. Dans un courrier adressé le 23 juin aux présidents des Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine, le Premier ministre Sébastien Lecornu confirme que « la réalisation du projet passera par un marché de conception-réalisation » et que les procédures nécessaires seront lancées avant la fin de l'année. Il écarte ainsi l'hypothèse évoquée ces derniers mois d'un partenariat public-privé (PPP). Une clarification sur le montage financier saluée par l'ensemble des porteurs de la Ligne nouvelle du Sud-Ouest, à commencer par Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, qui évoque une « victoire décisive » pour le projet.
Cette décision met fin aux interrogations nées ces derniers mois autour d'un éventuel recours à un financement privé. Cette piste, notamment soutenue par le Conseil d'orientation des infrastructures (COI), avait été avancée dans un contexte de tensions budgétaires et de risque de hausse des coûts du projet. Les Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine s'y étaient fermement opposées, estimant qu'un PPP aurait entraîné des surcoûts et un allongement des délais. Lors d'un déplacement à Toulouse le 7 mai dernier avec son ministre des Transports Philippe Tabarot, Sébastien Lecornu avait déjà réaffirmé le caractère « irréversible » du projet tout en laissant ouverte la question de son financement côté État. Le courrier adressé aux collectivités met donc fin à cette incertitude.
« La garantie d'un financement public solide »
La décision de l’État est accueillie favorablement par l'ensemble des défenseurs du projet. « Le travail et la persévérance des élus du Sud-Ouest pour la LGV Toulouse-Bordeaux-Dax portent leurs fruits ! », se réjouit Carole Delga, qui évoque sur les réseaux sociaux une « victoire décisive ».
Même satisfaction du côté d'Alain Rousset. Le président de la Région Nouvelle-Aquitaine considère que le choix d'une maîtrise d'ouvrage publique constitue « la garantie d'un financement public solide, qui évitera les surcoûts importants liés à des montages privés et permettra de tenir un calendrier maîtrisé ».
À Toulouse, le maire et président de Toulouse Métropole Jean-Luc Moudenc parle d'une « excellente nouvelle pour Toulouse et le grand Sud-Ouest ». « Le front uni des élus locaux pour la LGV porte ses fruits », se félicite-t-il, soulignant que l'abandon de l'option PPP évite un montage qui « aurait renchéri les coûts tout en allongeant les délais ». Il appelle également à maintenir la mobilisation des acteurs locaux jusqu'à la mise en service de la ligne.
De son côté, Eurosud Team se réjouit de la confirmation du financement de la LNSO et du choix d'un modèle de réalisation entièrement public. L'association salue la mobilisation des collectivités d'Occitanie et de Nouvelle-Aquitaine ainsi que de la Société du Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO) pour « défendre le calendrier, maîtriser les coûts et permettre l'avancement de ce projet majeur ».
Le projet de LGV prévoit de relier Toulouse à Paris via Bordeaux en 3h10 à horizon 2032, puis Bordeaux à Dax en 2034 avec un gain de 20 minutes sur les temps de parcours actuels en direction de l'Espagne. Son coût, évalué à 14 Md€ en 2020, doit être financé à 40 % par les collectivités locales, 40 % par l'État et 20 % par l'Union européenne.
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